Planète Découverte vous emmène au Pays du Manga

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Planète Découverte vous emmène au Pays du Manga

Manga en Kanji

Manga en Kanji

Manga 漫画 En japonais, on peut le traduire littéralement par « image dérisoire », « image légère », ou encore « esquisse rapide » ! Il  est composé de « man » (漫), « divertissant », « involontaire », mais aussi « exagéré » (qui peut être interprété comme caricature) et de « ga » (画), qui désigne le « dessin », la « peinture » ou toute image dessinée (comme l’estampe). Au Japon, « Manga »  désigne les bandes dessinées en général. En Occident, on emploie la plupart du temps ce terme pour désigner les bandes dessinées japonaises ou pour nommer des produits visuels s’y référant (dessins animés, style graphique, etc.). Des légendes racontent que le premier Manga aurait été envoyé par un amoureux à sa fiancée qui, pour lui plaire, décida d’écrire une lettre d’amour avec des images! Historiquement, dès l’époque médiévale, les Japonais reproduisent de longs récits peints sur des rouleaux de papier appelés e-makimono, sorte de prototypes du Manga ! À la fin du XVIIIe siècle, le terme « Manga » est employé par des artistes pour décrire leurs dessins. Au début du XIXe siècle, Hokusai, le peintre de la célèbre « vague de Kanagawa», utilise ce mot et donne à ses estampes le titre « Hokusai Manga ». Il y caricature des personnages populaires qui ont fini par donner naissance à une forme d’expression graphique à part entière. C’est d’ailleurs son œuvre qui fit connaître ce mot en Occident.

Vague de Kanawaga, Hokusaï

Vague de Kanawaga, Hokusaï

Mais il faut attendre le XXe siècle pour que le mot «Manga » prenne le sens spécifique de « bande dessinée» d’abord pendant l’ère Meiji (1868-1912) avec la publication en 1902 d’une véritable bande dessinée japonaise créée par Kitazawa Rakuten dans le supplément du dimanche « Jiji » paru dans le journal Jijishinpô, puis après la Seconde Guerre mondiale et l’occupation américaine où le Manga va s’inspirer des techniques de dessin des comics américains des années 50.

Kitazawa Rakuten, journal Jijishinpô

Kitazawa Rakuten, journal Jijishinpô

Notons ici l’étonnante influence des « gros yeux » ! En effet Osamu Tezuka, Mangaka fondateur du Manga moderne, qui va imposer le terme pour qu’il ne désigne plus que les bandes dessinées, était tombé sous le charme des grands yeux de la Blanche Neige de Disney qu’il trouvait très expressifs et il décida de les intégrer à ses dessins : le concept est resté !

Astro Boy d'Osamu Tezuka

Astro Boy d’Osamu Tezuka

Pendant les années 1960-1970, le marché du Manga tel que nous le connaissons aujourd’hui s’impose et crée ses codes et caractéristiques. Son importance ne cesse de grandir, aujourd’hui l’édition du Manga représente plus d’un tiers de l’ensemble de l’édition japonaise par ses tirages et près d’un quart par ses revenus.           Les Mangas ont donc maintenant chacun leur code graphique et sont définis en fonction du public auquel ils sont destinés. Voici les principaux genres de Manga : Le « Kodomo » : Ces Mangas ciblent un public très jeune, de 6 à 11 ans ; Kodomo signifiant enfant. Il est censé avant tout divertir les petites filles et les petits garçons. Certain ont un grand succès comme « Pokémon » de Hidenori Kusaka ou « Astro boy » de Osamu Tesuka…

Pokémon de Hidenori Kusaka

Pokémon de Hidenori Kusaka

Le « Shônen » : Destiné aux garçons, de 10 à 15 ans environ ; Shônen signifiant adolescent. Il est censé encourager et développer des énergies positives telles que le courage, l’amitié ou encore l’altruisme. Il met en avant un garçon adolescent auquel le lecteur s’identifie, mais la plupart du temps il possède un talent caché qui lui permettra d’accomplir de grandes choses. Exemples: « Dragon Ball » de Akira Toriyama ou « Naruto » de Masashi Kishimoto.

Dragon Ball de Akira Toriyama

Dragon Ball de Akira Toriyama

Le « Shôjo » : Il s’adresse aux écolières, collégiennes; Shôjo signifiant jeune fille. Il est un peu la version du Shônen pour les filles adolescentes. Les récits parlent de sujets variés tels que la musique, le sport, la mode avec toujours des histoires d’amour ! La plupart du temps ils sont réalisés par des dessinatrices. Exemples : « L’académie Alice » de Tachibana Higuchi ou « Tôkyô mew mew » de Reiko Yoshida ou « Nana » de Ai Yazawa…  NB : on peut parfois même trouver des mélanges de style Shōjo/Shōnen !

L’académie Alice de Tachibana Higuchi

L’académie Alice de Tachibana Higuchi

Le « Seinen » : destiné à un public plus adulte ; Seinen signifiant jeune adulte. Il aborde des thèmes très variés tels que le thriller, la guerre, les sports de combat… souvent orientés vers l’apprentissage et la difficulté de la transition adolescent / adulte. On retrouve des sujets abordés dans les Shômens, mais les intrigues sont plus complexes et les personnages plus subtils, les scénarii sont moins idéalisés et graphiquement ils sont beaucoup plus réalistes, plus sobres. Exemples : « Akira » de Katsuhiro Ōtomo ou « L’Homme qui marche » ou le «Sommet des dieux» de Jiro Taniguchi ou « La vie de Bouddha » de Osamu Tezuka ou « Samurai Champloo » de Shinichirō Watanabe et Sato Dai, « Tueur » de Hiroshi Hirata…

Le Sommet des dieux de Jiro Taniguchi

Le Sommet des dieux de Jiro Taniguchi

Le « Young Seinen » : Entre le Shômen et le Seinen, il s’adresse à un public de lycéens et d’étudiants. Il traite pour la plupart du temps de science-fiction ou de sport ou de combat. Les dessins sont souvent plus réalistes, et on y trouve souvent des jeunes filles plus dénudées ! Exemples : « Gunnm » de Yukito Jishiro ou « Hajime no Ippo » de George Morikawa ou « Le roi des ronces » de Yuji Iwahara…

Le roi des ronces de Yuji Iwahara

Le roi des ronces de Yuji Iwahara

Le « Josei » : L’équivalent féminin du Seinen, surnommé «ladies comics» avec des intrigues plus complexes que dans le Shôjo. Les sujets de prédilections de ce style de Manga sont les préoccupations des jeunes femmes modernes sur le célibat, le travail, le partenaire idéal, les relations amoureuses… Exemples : « Intrigues au pays du matin calme » de Natsuki Sumeragi ou « Nonamour » de Kyoko Okazaki ou « Danse vers les étoiles » de Masahito Soda…

Danse vers les étoiles de Masahito Soda

Danse vers les étoiles de Masahito Soda

L’ « Anime » : Prononcé animé, il s’agit de films d’animation japonais. Ils ont fait connaitre en Europe et en Amérique le style Manga. Au Japon, ils ont connu un grand succès dès la sortie de la série, « Astro Boy », en 1963. Elle est suivie en 1965 du « Roi Léo » puis des films de science-fiction comme « Goldorak » et « Albator ». Ceux-ci arrivent en Europe en 1978 suivi de « Candy » et de « Tom Sawyer ».

Albator de Leiji Matsumoto

Albator de Leiji Matsumoto

En 1997, en Europe, le public découvre fasciné les réalisations de Hayao Miyazaki telles que « Princesse Mononoké », « le Voyage de Chihiro » ou « le château dans le ciel », « le tombeau des lucioles »…

Personnages de Hayao Miyazaki

Personnages de Hayao Miyazaki

Mais aussi « Ghost in the shell » de Mamoru Oshii et les personnages « Pokémons » créés par Satoshi Tajiri !

 Ghost in the shell  de Mamoru Oshii

Ghost in the shell de Mamoru Oshii

Le « Hentai » : ce mot peut être traduit par perversion en Japonais. Ce sont les Mangas réservés aux adultes, interdit au moins de 18 ans ! Pour un public très averti ! Exemple : « Urotsukidoji » de Toshio Maeda ou « Dragon Pink » …

Urotsukidoji de Toshio Maeda o

Urotsukidoji de Toshio Maeda o

Il existe aussi des créateurs de Manga hors du Japon: En Corée, on trouve les « Manhwa » (la traduction de Manga en Coréens).  L’auteur de manhwa est appelé manhwaga. Ils apparaissent sous l’occupation japonaise où des Mangas nippons étaient importés! Les auteurs vont s’en servir pour réveiller l’esprit patriotique du peuple coréen pendant la guerre de Corée. Le manhwa va servir la propagande des deux côtés du conflit. Le « soldat Todori » de Kim Yong-Hwan exalte le courage des soldats et rencontre un énorme succès. Aujourd’hui, la Corée du Sudest l’un des premiers pays producteurs et exportateurs de bandes dessinées. Les jeunes auteurs recherchent des innovations radicales tant dans le style des dessins que dans les supports choisis (multimédias). Ils cherchent à faire connaître les manhwas, en se démarquant du Manga japonais auxquels ils sont trop souvent assimilés. Exemple : « La bicyclette rouge » ou « Les nourritures de l’âme » de Kim Dong Hwa ou « Priest » de Hyung Min Woo …

Les nourritures de l’âme de Kim Dong Hwa

Les nourritures de l’âme de Kim Dong Hwa

En Chine, c’est le « Manhua », terme désigne la bande dessinée chinoise. Le Manhuajia est l’équivalent du Mangaka japonais. Mais le Manhuajia possède des codes graphiques différents de celui du Mangaka : le dessin y est très souvent très réaliste avec beaucoup de planches en pleine page. On y sent une volonté de ses auteurs de se démarquer du Manga japonais et de se tourner vers la tradition européenne et américaine. Exemple : « My way » de Ji Di Remember de Benjamin ou « Le Fils du Marchand » de Xiao Pan ou « Pourquoi j’veux manger mon chien » de Ah Ko…

Le Fils du Marchand de Xiao Pan

Le Fils du Marchand de Xiao Pan

Les Mangas font partie de la vie des Japonais, ils les accompagnent de l’enfance à l’âge adulte. Le phénomène touche toutes les classes, tous les âges, tous les sexes. On en trouve partout, dans des librairies spécialisées ou non, sur les quais des gares, dans les cybercafés, les salles d’attente des dentistes… On les lit partout dans les Convenience store ouvert 24h/24 avant de les acheter ou pas, à demi éveillés dans les Shinkansen ou les nuits d’insomnie dans sa chambre… Ils ont conquis le monde, les librairies, les salles de cinéma, les télévisons, les écrans d’ordinateur…

Alors, suivez-nous et partez au Japon avec Planète Découverte pour voir le pays des origines des Mangas grandeur nature !      

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