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Voyages au Tibet

Chomolungma (Everest) !

Chomolungma (Everest) !

Chomolungma 27° 59′ 18″ Nord, 86° 55′ 31″ Est

Planète Découverte vous présente le toit du monde depuis « la route de l’Amitié » entre Lhassa et Katmandou !

Mont Everest vu du Camp de base côté tibétain (photo Claude Rival)..

Mont Everest vu du Camp de base côté tibétain (photo Claude Rival).

Le « toit du monde » est une expression qui désigne le mont Everest, mais aussi la chaîne Himalayenne, le Tibet, le Bhoutan et le nord du Népal…

L’Everest est né, il y a environ 60 millions d’années de la mer de Téthys, suite à la rencontre de la plaque indienne et de la plaque eurasienne. Encore de nos jours la plaque indienne plus petite et plus légère continue de s’introduire sous la plaque eurasienne de trois centimètres par an, ce qui fait grandir l’Everest et la chaîne himalayenne de quelques millimètres par an !

Sir George Everest

Sir George Everest

Le mont Everest se nomme en tibétain Chomolungma ཇོ་མོ་གླང་མ « déesse-mère », en sanskrit Devgiri « la montagne sainte », en népalais Sagarmāthā सगरमाथा « tête du ciel », en chinois Shèngmǔ Fēng 聖母峰 « déesse de l’univers », et d’abord appelé par les Occidentaux « Pic XV » (moins poétique !). Il fûtbaptisé « Everest » par les Britanniques qu’en 1865 en l’honneur de Sir Georges Everest, géographe et arpenteur général des Indes orientales, dont les méthodes de calcul ont permis d’établir sa hauteur.

Il se situe au cœur de la chaîne de l’Himalaya, actuellement entre le Népal et le Tibet, donc en Chine (région autonome du Tibet). Son altitude est établie à 8 848 mètres et il est identifié comme le plus haut sommet du monde depuis le niveau de la mer !

L’Everest restera pendant longtemps pour les Occidentaux une « terra incognita », un endroit inexploré et inobservé. Il faut dire qu’étant une montagne sacrée pour les peuples de l’Himalaya, les gouvernements du Tibet et du Népal en interdisaient l’accès. Ce n’est qu’en 1847 qu’un Européen va braver l’interdit, s’approcher de l’Everest et l’apercevoir pour la première fois. Il faut attendre 1903 pour que le colonel Younghusband de l’armée britannique (alors qu’il est en route pour envahir le Tibet) en ramène des photos depuis le versant nord.

Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale que l’idée de gravir le sommet de la plus haute montagne au monde vint à l’esprit des Occidentaux (ni les Tibétains ni les Indiens n’avaient eu une idée aussi saugrenue !).

George Mallory & Andrew Irvine

George Mallory & Andrew Irvine

La première véritable expédition fut une cordée britannique dirigée par Charles Howard-Bury en 1921. Elle se solda par un échec ! Trois années plus tard, un certain Georges Mallory, qui faisait déjà partie de l’expédition de 1921, tentera une nouvelle ascension. Son nom restera associé à un des plus grands mystères de l’Histoire de l’alpinisme ! Georges Mallory associé à Andrew Irvine trouvèrent la mort le 8 juin 1924 lors de cette ascension de l’Everest à quelques encablures du sommet. Mais la question est : sont-ils morts en montant où en redescendant du sommet mythique, ont-ils atteint le sommet avant de périr ? Sont-ils les premiers sur l’Everest !? L’hypothèse retenue actuellement est qu’ils seraient morts lors de la montée et n’auraient donc pas atteint le sommet. Un piolet, qui est apriori serait celui d’Irvine, a été retrouvé au premier ressaut, ce qui accrédite la théorie de l’échec. Il y a quelques années le corps gelé de Mallory fut retrouvé, mais malheureusement sans son appareil photo qui aurait pu apporter des preuves du succès.

Après la Seconde Guerre mondiale et l’invasion du Tibet (ou libération selon certains !!!) en 1951 par la Chine, le Tibet se ferme (ainsi que la voie du Nord-Est de l’accès à Everest). Il faudra alors faire les futures tentatives au départ du Népal (qui s’ouvre aux alpinistes !) à partir de la voie Sud-Est (réputée moins difficile !).

Edmund Hillary & Tenzing Norgay

Edmund Hillary & Tenzing Norgay

Après une tentative suisse en 1952 qui faillit réussir, c’est finalement le 29 mai 1953 que deux hommes, le Néo-Zélandais Edmund Hillary accompagné du Sherpa Tenzing Norgay atteignent le toit du monde par « la voie népalaise de la combe ouest et du col sud », entrant ainsi dans la légende de l’alpinisme. Cette expédition victorieuse est dirigée par le Britannique John Hunt qui est accompagné de treize alpinistes anglais et neuf néo-zélandais (dont Edmund Hillary) et des dizaines de sherpas (dont Tensing Norgay). Le 22 avril, l’expédition atteint le camp VI qui est installé vers 7 000 mètres d’altitude au pied du col du Lhoste. Le 26 mai, la première tentative d’atteindre le sommet est réalisée par Evans et Bourdillon, mais ils sont contraints de faire demi-tour après avoir atteint le sommet Sud situé à 8 751 mètres d’altitude. Finalement, le 29 mai, une seconde tentative permet à Edmund Hillary et Tensing Norgay de poser le pied au sommet. Partis du camp IX (monté par des sherpas quelques jours plus tôt) à 6 h 30, ils franchissent le sommet Sud à 9h et atteignent leur objectif à 11h ! Depuis « le pic pyramidal », ils prennent plusieurs photographies et ensevelissent quelques sucreries ainsi qu’une petite croix. Après une polémique ridicule pour savoir qui des deux hommes est arrivé le premier, Norgay admettra finalement deux années plus tard que Hillary l’a devancé au sommet. De retour au col Sud, ils sont accueillis par George Lowe à qui Hillary s’écrie alors : « Well, George, we knocked the bastard off! (Et bien, George, on se l’est fait le salaud !) ». Puis des années plus tard lors d’un entretien accordé à un journaliste du New York Times qui lui demandait pourquoi il voulait tant gravir l’Everest, Edmund Hillary avait répondu par cette phrase devenue célèbre : « Because it’s there (parce qu’il est là) » !

Des exploits en tout genre vont se succéder sur le toit du monde… Mais en 1996, une série d’accidents mortels viennent rappeler l’extrême danger de la haute montagne. Cette terrible mésaventure fut rapportée avec précision dans « Tragédie à l’Everest » un livre autobiographique écrit par le journaliste et alpiniste Jon Krakauer.

« Tragédie à l’Everest » de Jon Krakaeur

Depuis 1921, plus de 15 000 alpinistes ont tenté des expéditions sur l’Everest, dont un peu plus de 6 000 Sherpas. Près de 5800 personnes dont près 300 femmes sont parvenues au sommet depuis l’exploit d’Hillary et Norgay. Seuls 142 alpinistes sont parvenus au sommet sans assistance respiratoire. Mais il y a eu plus de 235 victimes sur l’Everest, dont une bonne centaine de Sherpas. Le succès des « summiters » doit une grande part aux Sherpas, dont le rôle en haute altitude reste irremplaçable.

La voie de l'Everest !

La voie de l’Everest !

Il faut (si tout se passe bien !) environ 7 jours pour aller du camp de base côté népalais jusqu’au sommet, et environ 5 jours pour redescendre au camp de base. Mais il faut environ 40 jours en tout depuis l’arrivée à Katmandou, pour habituer le corps à la haute altitude… Le prix minimum pour l’ascension est d’environ 30 000 USD si vous le faites seul. Une expédition guidée coûte environ 60 000 USD. Le service d’expédition VIP, qui comprend un accès permanent à Internet et au téléphone, s’élève à pas moins de 90 000 USD, certains paient jusqu’à 200 000 USD !

Le camp de base IV du mont Everest, devenu décharge et cimetière à ciel ouvert. | © Doma SHERPA / AFP.

Le camp de base IV du mont Everest, devenu décharge et cimetière à ciel ouvert. | © Doma SHERPA / AFP.

Et, malgré les dangers et les coûts, le tourisme de masse s’accentue, fragilisant le milieu naturel. La popularité de l’ascension et l’empreinte écologique des alpinistes restent préoccupantes. Cordée après cordée, les détritus s’accumulent sur l’Everest. Des efforts ont pourtant été faits. Depuis cinq ans, le Népal requiert une caution de 4 000 dollars par expédition, qui est remboursée si chaque alpiniste redescend au moins huit kilos de déchets. Côté tibétain, moins fréquenté, les autorités requièrent la même quantité et infligent une amende de 100 dollars par kilogramme manquant.

Le gouvernement népalais a créé le parc national de Sagarmatha en 1976 et la réserve naturelle du Qomolanga en 1988. Il a récemment instauré des mesures pour préserver l’Everest, mais les opérations de nettoyage sont encore souvent financées par des fonds privés ou effectuées par des bénévoles. Selon une estimation de l’Everest Summiters Association, il resterait encore environ 30 tonnes de déchets sur la montagne!

 

Junko Tabei

Junko Tabei

Quelques records et autres exploits !!! En 1975, la Japonaise Junko Tabei est la première femme au sommet. La plus jeune personne au sommet est un Américain de 13 ans, Jordan Romero, qui fit l’ascension en 2010 avec son père suivi d’une Népalaise Ming Kipa âgée de 15 ans. En 2008, le plus vieux à atteindre le toit du monde est le Japonais Yuichiro Miura à l’âge de 76 ans, malgré deux opérations du cœur, il renouvelle son record 5 ans plus tard, en atteignant le sommet à l’âge de 80 ans ! Tamae Watanabe devient, en mai 2002, la femme la plus âgée à gravir l’Everest, à l’âge de 63 ans. Dix ans plus tard, elle bat à nouveau ce record en gravissant l’Everest à l’âge de 73 ans. Le 20 août 1980, l’italien Reinhold Messner est le premier à atteindre le sommet en solitaire et sans assistance respiratoire ni autre appui supplémentaire…

 

Encore d’autres exploits ! Le sommet fut survolé en avion pour la première fois en 1933 par Douglas-Hamilton, en 1991 une montgolfière survole le sommet, en 2004 un Britannique Richard Meredith-Hardy accomplit le premier survol de l’Everest en ULM, le 14 mai 2014 un hélicoptère atterrit pour la première fois au sommet piloté par Klaus Ohlmann…

Bref l’Everest est un des endroits de notre planète qui nourrit le plus les fantasmes !                                                        La plus belle citation sur l’Everest revient probablement à l’alpiniste autrichien Kurt Diemberger : « Il ne faudrait jamais se rendre sur l’Everest sans avoir réfléchi, sans avoir essayé de le connaitre, de lui parler en silence en se tenant face à lui. Parce que ce n’est pas seulement la plus haute montagne de la terre… ».

Everest et drapeau de prière tibétains (loungta).

Everest et drapeau de prière tibétains (loungta).

 

Planète Découverte vous propose un voyage dans les immensités de l’Himalaya entre le Tibet et le Népal sur « la route de l’Amitié » entre Lhassa et Katmandou. C’est toujours un spectacle fantastique que d’apercevoir le mythique mont Everest depuis une route tibétaine, non loin du camp de base côté tibétain ! Alors, suivez-nous pour tenter d’apercevoir l’Everest, pour voir et vivre bien d’autres merveilles himalayennes !

Pierre

 

UNESCO : En 2019, l’alpinisme a été inscrit sur « la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité » !

 

 

Sur les traces d’Alexandra David-Néel ! 

Sur les traces d’Alexandra David-Néel ! 

Sur les traces d’Alexandra David-Néel ! 

Alexandra David-Néel de retour de Lhassa !

Alexandra David-Néel de retour de Lhassa !

Le plus grand explorateur du XXème siècle est une femme !

Véritable figure emblématique du voyage au début du XXème siècle, Alexandra David-Néel est avant tout une femme libre qui fût à la fois journaliste, actrice, cantatrice, écrivaine, féministe, photographe, anarchiste, exploratrice, orientaliste, tibétologue, franc-maçonne et bouddhiste convaincue…

50 ans après sa mort en 1969 à l’âge de 101 ans, elle continue de fasciner les êtres épris de voyages, d’aventures et de liberté par son esprit anticonformiste, par sa farouche indépendance et sa modernité. Elle va marquer son époque où très peu de femmes pouvaient s’échapper seules pour l’Orient et, pour toutes les générations suivantes, elle reste un modèle.

Alexandra David-Néel sur la route du Tibet interdit !

Alexandra David-Néel sur la route du Tibet interdit !

Ses nombreux voyages vont la mener de Ceylan (actuel Sri Lanka) au Sikkim, en passant par le Japon, l’Inde, la Chine, la Corée, la Mongolie et le Tibet… Grâce à ses nombreux ouvrages (récits de voyage, ouvrages érudits sur le bouddhisme et même un roman policier !) elle va influencer et faire rêver plusieurs générations de femmes et d’hommes. Elle va également participer à faire connaître le Tibet et le bouddhisme lamaïste tibétain en Occident. Mais elle est principalement reconnue pour être la première femme occidentale à entrer à Lhassa en 1924, la mystérieuse cité interdite du Tibet !

Louise Eugénie Alexandrine Marie David surnommée Nini, plus connue sous le nom d’Alexandra David-Néel est née à Saint-Mandé près de Paris en 1868 d’un père français ex-instituteur protestant devenu journaliste républicain et d’une mère belge catholique très pieuse. Très tôt sa soif de vagabondage se manifeste, elle fait sa première fugue à 15 ans pour s’enfuir en Hollande et tente de se rendre en Angleterre. Deux ans plus tard, elle récidive cette fois en direction de la Suisse et de l’Italie, en franchissant à pied le col du Saint-Gothard (marche qui préfigure les longs périples à venir !?).

À partir de 1868, elle lutte pour la libération des femmes en collaborant au journal féministe autogéré « La Fronde ». Proche du géographe libertaire Elisée Reclus, elle développe progressivement des convictions anarchistes et rédige un essai intitulé « Pour la vie » si contestataire que personne ne veut le publier !

Elle fait une partie de ses études à Londres où, en quête de vérité, elle commence à s’intéresser aux philosophies orientales, elle y apprend le sanscrit et le tibétain. Lors d’un séjour à Paris, ce serait en visitant le musée Guimet que serait née sa vocation d’orientaliste ! A la société de théosophie de Paris, elle étudie l’Hindouisme, les Veda, le Bhagavad-Gitta (écrits fondamentaux de l’Hindouisme)…

Alexandra David-Néel à Tunis en cantatrice!

Alexandra David-Néel à Tunis en cantatrice!

En 1891 l’appel de l’Orient l’emporte, elle va entreprendre son premier grand voyage vers l’Asie, d’abord l’île de Ceylan, puis elle gagne les Indes, Maduraï,  Bénarès… avant de rentrer sans un sou en France !

De retour, elle s’adonne de nouveau à son autre passion qui est l’art lyrique ! Elle obtient un prix de chant et elle débute alors une carrière de cantatrice. Pendant plusieurs années, elle va grâce à ce talent acquérir une indépendance financière. Elle va triompher en chantant à l’opéra d’Hanoï, de Paris, d’Athènes…  Son parcours hors du commun la mène à l’opéra de Tunis où elle rencontre son futur époux, Philippe Néel, un dandy fortuné. Ils se marient en 1904, avec l’approbation du père d’Alexandra selon les règles de l’époque !

En 1911 (elle a 43 ans), elle ne peut se résigner à sa vie de femme mariée et annonce à son mari son départ en Inde pour 18 mois afin de poursuivre ses recherches sur le Bouddhisme. Elle ne reviendra que 14 ans plus tard ! Plutôt que de divorcer, il l’incite à ce qu’elle reprenne ses voyages et ne cessera de la soutenir financièrement. Tous deux entretiendront une correspondance jusqu’à la mort de son mari en 1941, avec plus de 3000 lettres échangées.

« Je suis une sauvage mon bien cher, mets-toi cela en tête. Toute la civilisation occidentale me dégoûte. Je n’aime que ma tente, mes chevaux et le désert ». Journal de voyage (t. 1) : Lettres à son mari.

Moines lamaïstes au Tibet !

Pendant ses années de recherche et de méditation au Sikkim dans l’Himalaya Indien à plus de 4000 mètres d’altitude, elle va suivre les enseignements au monastère de Lachen de son maitre Bouddhiste, le Gomchen. Elle y obtient le titre de « lampe de sagesse ».

En 1912, elle part faire un pèlerinage à Calcutta avec dans ses bagages de nombreuses photos et plusieurs carnets de notes qui lui serviront plus tard à écrire son œuvre, de là elle continue vers Bénarès et le Népal.

Alexandra David-Néel accompagnée d’Aphur Yongden !

Alexandra David-Néel accompagnée d’Aphur Yongden !

En 1914, de retour au Sikkim dans « la demeure de la grande paix », elle engage un boy âgé de 14 ans nommé Aphur Yongden. Ce jeune serviteur tibétain, qu’elle va rapidement considérer comme son fils (qu’elle finira d’ailleurs par adopter), ne la quittera plus jamais !

Pendant ce séjour dans l’Himalaya Indien, elle réussira même à obtenir une audience avec le 13ème Dalaï-Lama (le prédécesseur de l’actuel Dalaï-Lama) à Kalimpong (Inde), fait exceptionnel pour une Occidentale à cette époque.

Cérémonie au monastère de Ganden au Tibet!

Cérémonie au monastère de Ganden au Tibet!

Sa détermination d’aller vers le « Tibet interdit » et sa mythique capitale Lhassa s’intensifie. C’est depuis longtemps son rêve le plus cher ! Et en 1923 (âgée de 56 ans) bravant l’interdit, elle part à pied vers le toit du monde avec Yongden. Ne pouvant pas atteindre le Tibet directement par l’Inde, car l’administration britannique lui interdit, elle prend des chemins détournés. Elle passe par la Corée, la Mongolie puis la Chine. Elle débute son périple himalayen depuis la région du Yunnan (une province chinoise) jusqu’à Lhassa (qui n’est pas encore une province chinoise !?). Une marche épique, éprouvante et terriblement dangereuse où elle risque à chaque instant au mieux l’expulsion au pire leurs vies !? Son stratagème se fondre dans un groupe de pèlerins bouddhistes en se faisant passer pour une mendiante. Elle vécut ainsi cette rude expérience en évitant les villages, en couchant à la belle étoile et en mendiant sa nourriture comme les pèlerins les plus pauvres du pays.

Potala, palais d'hiver du Dalaï-Lama à Lhassa!

Potala, palais d’hiver du Dalaï-Lama à Lhassa!

« Pendant des jours, nous marchions dans la demi-obscurité d’épaisses forêts vierges, puis, soudain, une éclaircie nous dévoilait des paysages tels qu’on n’en voit qu’en rêve. Pics aigus pointant haut dans le ciel, torrents glacés, cascades géantes dont les eaux congelées accrochaient des draperies scintillantes aux arêtes des rochers, tout un monde fantastique, d’une blancheur aveuglante, surgissait au-dessus de la ligne sombre tracée par les sapins géants. Nous regardions cet extraordinaire spectacle, muets, extasiés, prêts à croire que nous avions atteint les limites du monde des humains et nous trouvions au seuil de celui des génies. »

 

Enfin en février 1924, Alexandra David-Néel accompagnée d’Aphur Yongden pénètrent à Lhassa en proclamant la phrase rituelle  («  Lha gyalo, Dé Tamtché pham !… Les dieux triomphent, les démons sont vaincus ! « )! Aujourd’hui encore les pèlerins chantent ces mots lorsqu’ils franchissent un col dans les montagnes himalayennes !

Alexandra David-Néel & Aphur Yongden devant le Potala !

Alexandra David-Néel & Aphur Yongden devant le Potala !

Une marche de quatre mois à travers de hautes montagnes himalayennes, un périple clandestin d’environ 2 000 km, un exploit fantastique qui la rendit célèbre dans le monde entier. Ils vont rester 2 mois à Lhassa où ils visitent  la ville sainte, le Potala et les grands monastères bouddhistes lamaïstes environnants : Drépung, Séra, Ganden, Samye… sans y être démasqués, se risquant même à se faire photographier devant le Potala, pour apporter la preuve de leur exploit.

« Je quittai Lhassa aussi paisiblement que j’y étais arrivée sans que personne se fût douté qu’une étrangère y avait vécu au grand jour pendant deux mois ».

Elle finit par retourner en Inde où elle embarque le 6 février 1925 pour l’Europe afin, entre autres, de faire publier ses récits.

Voyage d’une Parisienne à Lhassa » qui parait en 1927 .

Voyage d’une Parisienne à Lhassa » qui parait en 1927 .

De retour en France toujours accompagnée d’Aphur Yongden son fidèle compagnon d’aventures qui va devenir légalement son fils adoptif, elle publie son récit le plus célèbre « Voyage d’une Parisienne à Lhassa » qui parait en 1927 en France et aux États-Unis. C’est un grand succès d’édition qui lui vaut tout de suite une grande célébrité internationale.

Riche et célèbre, en 1928 elle s’installe dans une maison à Digne-les-Bains dans les Alpes de Haute-Provence qu’elle baptise « Samten-Dzongou » (forteresse de la méditation). Elle y écrit plusieurs livres relatant ses différents voyages, entretient son jardin…

Pendant une dizaine d’années, elle continue ses recherches, donne des conférences en France, en Europe et aux États-Unis. Mais la vie d’aventure et l’Asie lui manque et, en 1937 avec son fils, elle repart en Chine en empruntant le Transsibérien. La Seconde Guerre mondiale éclate, elle restera en Chine avec Yongden pendant 9 ans.

En 1946, ils rentrent de nouveau à Digne, son « Himalaya pour lilliputiens » comme elle l’appelle ! Elle continue à écrire beaucoup, elle travaille 16 heures par jour malgré son âge. Lorsque des visiteurs viennent lui demander des conseils, ses réponses sont toujours, parait-il, empreintes de sagesse et d’autorité. Yongden meurt en 1955 et Alexandra se retrouve seule.

Alexandra Davis-Néel dans sa maison à Digne-les-Bains.

Alexandra Davis-Néel dans sa maison à Digne-les-Bains.

À la fin de ses jours, elle fut accompagnée par Marie-Madeleine Peyronnet qu’elle surnomme « la Tortue » qui va s’occuper d’elle et de sa maison pendant une dizaine d’années. Elles ont même comme projet d’effectuer un tour du monde en 4CV ensemble ! Elle va jusqu’à renouveler son passeport à l’âge de 100 ans !

Elle décède peu de temps après, en septembre 1969, à presque 101 ans. Ses cendres et celles de Yongden voguent désormais dans le Gange.

Moines Gelugpa (dit bonnets jaunes).

Moines Gelugpa (dit bonnets jaunes).

Cette voyageuse intrépide à l’esprit libre et doué d’un réel talent d’écriture laisse une œuvre qui ne cesse d’être rééditée. Elle a su transmettre sa passion de l’Orient dont elle fit connaître les coutumes et les religions à de nombreuses générations.

Planète Découverte vous propose d’aller sur les traces d’Alexandra David-Néel en Chine au Tibet et au Népal, et même si le Tibet n’est plus celui d’Alexandra et quelle que soit sa situation géopolitique, le Tibet demeure le Tibet, un pays toujours fabuleux !

 

Pierre

 

Saveurs venues d’Asie !

Saveurs venues d’Asie !

Saveurs venues d’Asie!

Quelle est le lien entre un lā miàn mangé dans le marché de nuit de Hézhèng Lù à Lanzhsou, un Thukpa dégusté au Tashi de Lhassa, un ramen englouti dans un Yataï de Hakata, un tsuivan dévoré dans un guanz à Oulan Bator, un Jajangmyeon savouré dans un Sikdang de Séoul, un mie goreng ingurgité dans un warung de Java  ou encore un pho avalé dans Cam Chi à Hanoï?

Les nouilles bien sûr !

 

Les nouilles sont très présentes dans toutes les cuisines d’Asie. Le plus souvent elles sont fabriquées avec de la farine de blé dur ou tendre, de riz, de riz glutineux, mais également de soja vert (haricot mungo) ou même de patate douce.yunnan

 

Mais d’où viennent les nouilles, et qui les a inventées ?

En 2005, des scientifiques de l’Académie des sciences de Pékin ont découvert sur les rives du Huang He appelé aussi fleuve Jaune (nord-ouest de la Chine) les plus anciennes nouilles du monde ! Selon la datation au carbone 14, elles seraient anciennes de plus de 4 000 ans. Elles sont faites à base de deux types de millet. Cette découverte a ravivé le vieux débat sur l’origine des nouilles revendiquée par les Italiens, les Arabes et les Chinois ?! Le professeur chinois Lu Houyuan semble avoir la réponse, il a déclaré à la BBC :  » Lajia (le site chinois où furent découverte les plus anciennes nouilles) est un emplacement très intéressant ; d’une certaine manière, c’est le Pompéi de la Chine. Notre découverte indique que les nouilles ont été produites la première fois en Chine« .

L’intérêt de cette découverte semble avoir mis fin au débat sur l’origine des nouilles et des pâtes alimentaires. Elles ne sont à l’origine ni italiennes, ni arabes, mais bel et bien chinoises !

Une légende tenace veut que ce soit Marco Polo qui les aurait importés en Italie à son retour de Chine en 1295 !? En réalité il n’en est rien, les historiens l’ont prouvé. Il parait même que ce mythe aurait été inspiré par un publicitaire des années 1920, qui ce serait servi du grand explorateur vénitien pour promouvoir des marchandises !

Caravane sur la Route de la Soie

Caravane sur la Route de la Soie

En Chine, on les appelle Miàntiáo (面条), au Japon Nūdoru (ヌードル), au Vietnam , en Mongolie goimon (гоймон), en Corée nudeul (누들) …

Mais d’où vient le terme nouille ou noodle employé en Occident ? Le terme serait emprunté à l’allemand nudel, lui-même d’origine incertaine (peut-être du latin nodus). En allemand, il est attesté vers le XVIe siècle, et repris par les Anglais au XVIIIe siècle pour donner noodle. Le terme français s’est écrit noudle ou nudeln au XVIIIe puis nouilles au pluriel dès la fin du XVIIIe.

 

Mais allons à l’essentiel, parlons un peu gastronomie !

Commençons par les inventeurs: les Chinois! La cuisine chinoise utilise une grande variété de nouilles. Mian (面) sont les nouilles de blé alors que fen (粉) sont celles de riz. Contrairement aux pâtes italiennes, les nouilles chinoises sont préparées avec de la farine et non de la semoule. La matière première est bien sûr liée à leur origine géographique : le blé dans les régions céréalières et le riz là où la riziculture domine.

Il existe en Chine des restaurants spécialisés dans les nouilles faites à la main sans aucun outil de découpe, elles sont appelées lā miàn ce qui signifie « nouilles étirées ». À partir de farine de blé, elles sont étirées et repliées environ sept fois jusqu’à obtention d’une unique pâte longue et fine, qui sera ensuite jetée dans un bouillon aromatisé et accompagnées de viande séchée, de cacahuètes et d’épices pour être dégustées dans un bol. L’ethnie chinoise musulmane Hui est la grande spécialiste de cette technique culinaire.

Lā miàn mangé dans le marché de nuit de Hézhèng Lù à Lanzhsou !

Lā miàn mangé dans le marché de nuit de Hézhèng Lù à Lanzhsou !

Les provinces de Shandong ou de Shanxi ont pour tradition les nouilles au couteau appelées Dao Mian qui sont faites à base de farine de riz. On enroule les nouilles sur elle-même puis on fait sauter des copeaux directement dans l’eau bouillante, à l’aide d’un couteau à légumes et une fois cuites, les nouilles sont sautées dans un wok avec la garniture (légumes, viandes…).

 

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Petit restaurant de nouilles au Japon!

 

Au pays du Soleil levant, les nouilles sont également très cuisinées. On en retrouve une grande variété (men, 麺) qui vont donner diverses préparations (men-rui, 麺類). Il faut dire que la plupart des nouilles japonaises sont d’origine chinoise, importées par un prêtre bouddhiste au XIIIe siècle. Parmi les plus répandues, on peut citer les udon (饂飩) nouilles blanches et épaisses à base de farine de blé tendre (froment) servies, soit froides sur un plat, soit en soupe; les soba (蕎麦) nouilles fines de sarrasin de couleur brune servies comme les udon; les sōmen (素麺) nouilles de blé fines et blanches servies froides sur de la glace en été ; les rāmen (ラーメン) fines nouilles mangées en soupe chaude dans un bouillon à base de poisson ou de viande souvent assaisonnées au miso ou à la sauce soja et accompagnés d’excellents petits ravioli appelés gyoza (ぎ ょ う ざ) et enfin les hiyamugi (冷麦) fabriquées comme les somen et servies froides en été.

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Ramen englouti dans un Yataï de Hakata !

 

En Mongolie, la cuisine est assez simple. La nourriture provient principalement des animaux, que ce soit pour leur viande, leur gras ou les laitages qu’ils produisent. Mais il y a aussi des céréales comme du millet, de l’orge et du blé, donc la possibilité de faire des nouilles ! On peut y manger des raviolis appelés khuushuur (ᠬᠤᠤᠱᠤᠤᠷ/хуушуур) à base de farine de blé, fourré de viande de mouton, de yak ou de bœuf, voire de chèvre et frit dans l’huile ou des buuz (ᠪᠤᠤᠵᠠ/бууз) également fourrés à la viande de mouton ou de bœuf, aux oignons ressemblant au jiaozi chinois. Il y a aussi un plat de nouille nommé tsuivan (ᠴᠤᠶᠢᠪᠢᠩ/Цуйван), avec de la viande, du gras de viande et, chose rare en Mongolie, quelques légumes (carottes, poivrons…).

Tsuivan dévoré dans un guanz à Oulan Bator !

Tsuivan dévoré dans un guanz à Oulan Bator !

 

La cuisine vietnamienne repose sur des mélanges d’herbes et d’épices originales, ainsi que sur des méthodes de cuisson dont le condiment principal est le nuoc-mâm. Elle est diverse et variée en fonction des inspirations des minorités ethniques nombreuses de ce magnifique pays. Eux aussi ont été inspirés par les nouilles ! Dans le Nord on peut savourer des Bún, des nouilles blanches qui accompagnent les boulettes et les grillades de poitrine de porc avec des herbes aromatiques et des légumes marinés et du Mì xào, des nouilles de blé frites avec garnitures variées. Dans le Centre, on trouve une cuisine inspirée par le peuple cham, par exemple du Bún bò Huế, une soupe de nouilles au bœuf, spécialité de la ville de Huế comme son nom l’indique. Et dans le Sud du pays, une cuisine influencée par la cuisine chinoise et thaïlandaise, comme le Bánh cuốn, des raviolis au porc haché et champignons noirs. Et bien sûr, du phở ou soupe tonkinoise, le plat national vietnamien qui peut se consommer à tout moment de la journée avec des nouilles (de riz)!

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Pho avalé dans Cam Chi à Hanoï !

 

La cuisine coréenne est reconnue pour la variété et la qualité de sa cuisine qui se distingue de celles des pays voisins comme le Japon et la Chine et, même si les nouilles y sont moins présentes, on en rencontre aussi ! La cuisine coréenne utilise beaucoup de piment et surtout l’incontournable kimchi (김치), ainsi qu’une grande variété de légumes, fruits de mer, légumes sauvages, etc.  Avec des nouilles, il y a le Japchae (잡채), un plat à base de nouilles de patate douce, mélangées à des poivrons, carottes, graines de sésame, oignons, bœufs, et lentin du chêne, assaisonnées de coriandre, d’huile de sésame et d’une sauce pimentée, le tout peut être servi chaud ou froid ; le Jajangmyeon (자장면)un plat populaire  « nouilles en sauce frite » avec une sauce noire à base de haricots de soja fermentés; le Kalguksu (칼국수), des nouilles fraîches dans un bouillon de viande, servies froides dans un bouillon froid avec de fines tranches de concombre, ou chaudes avec du bouillon de bœuf et des lamelles de courgettes ; le Mandu (만두) très proche des raviolis chinois (jiaozi), ils peuvent avoir des aspects très différents, de contenus divers (viande de bœuf mélangée avec du tofu frais) ou avec différents types de kimchi. Comme en Chine, ces plats sont frits, bouillis ou cuits à la vapeur, selon les goûts.

Jajangmyeon savouré dans un Sikdang à Séoul

Jajangmyeon savouré dans un Sikdang à Séoul !

 

Au Tibet, la cuisine traditionnelle se distingue en raison de son isolement géographique et de l’aridité de ses sols. Peu de plantes poussent à une altitude moyenne de 4 000 m, mais on trouve de l’orge, avec laquelle on fait la tsampa, la farine d’orge grillée, l’aliment de base du Tibet. La tsampa est utilisée pour faire des momos, des raviolis fourrés cuits à la vapeur ou frits, également du Thupka, un mot tibétain qui définit les soupes ou ragoûts combinés avec des nouilles. On trouve aussi du Thupka au Népal

Thukpa dégusté au Tashi de Lhassa

Thukpa dégusté au Tashi de Lhassa !

 

LIndonésie n’est pas en reste pour les nouilles, avec son fameux mie goreng ou bami goreng (en Malaisie mee goreng) ce qui signifie « nouilles frites ». Plat à base de nouilles jaunes frites dans l’huile avec de l’ail, de l’oignon ou des échalotes, des crevettes, du poulet, du porc, du bœuf ou des bakso (boulettes de viande), du piment, du chou ou du chou chinois, des tomates, divers autres légumes et des œufs.

un mie goreng ingurgité dans un warung de Java

Mie goreng ingurgité dans un warung de Java

 

Pour terminer ce tour d’Asie de la nouille, il faut aussi parler des nouilles instantanées qu’on trouve partout en Asie. Il y a même un musée dédié aux nouilles instantanées à Yokohama au Japon. Il a été créé dans le but de faire connaître « les pensées créatives » qu’avait Ando Momofuku, l’inventeur japonais des nouilles instantanées (« Chicken Râmen »). Il s’agit non seulement d’un musée, mais aussi un espace où les visiteurs peuvent fabriquer leurs nouilles.

 

Planète Découverte vous fait voyager en Asie : en Chine, au Tibet, en Corée, au Japon, en Indonésie, au Vietnam (bientôt en Mongolie !!!) … pour (notamment !!!) déguster des nouilles succulentes et bien d’autres mets et saveurs de l’Asie.

« Pour bien aimer un pays, il faut le manger, le boire et l’entendre chanter ».Michel Déon

Un marché flottant au Vietnam.

Un marché flottant au Vietnam.

 

Bon appétit !  Wèikǒu hǎo 胃口好 !  Yoi shokuyoku 良い食欲Joh-eun sig-yog좋은 식욕 ! 

Napsu apik ! Ngon miệng  ! Sain duraaraa сайн дураараа ! 

Pierre

Planète Découverte vous emmène à la découverte de l’Amdo.

Planète Découverte vous emmène à la découverte de l’Amdo.

Planète Découverte vous emmène à la découverte de l’Amdo.

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Moines de l’école gelugpa au monastère de Labrang

L’ Amdo (Do-May), qui signifie « le Pays des chevaux », est l’une des trois provinces ou régions traditionnelles du Tibet historique. Elle est située au nord-est du Tibet, par-delà le fleuve bleu appelé aussi le Yang Tsé.

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Carte du Tibet !

Historiquement le Tibet se divise en trois grandes provinces, le Kham (Do-toe) « le Pays du peuple» au sud-est, lÜ-Tsang « le Pays du dharma » au centre (que le gouvernement chinois appelle la province autonome du Tibet) et l’Amdo. Ces populations vivent souvent isolées les unes des autres et chacune de ces régions parle son propre dialecte issu de la langue tibétaine. Celui de l’Amdo est un des dialectes principaux, toujours parlés, mais n’est pas intelligible pour les gens du Kham ou du Tibet central.

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Moulins à prières au monastère de Kumbum (Taer Si)

Les tibétologues pensent généralement que l’Amdo est la région originaire du peuple Tibétain. On appelle les Tibétains de l’Amdo les Amdowas, ils constituent 25 % de l’ensemble de la population tibétaine. Ils ne sont cependant pas reconnus comme une ethnie à part entière par le gouvernement de Pékin et ne font pas partie des 56 ethnies « chinoises » reconnues par la République populaire de Chine, tous sont intégrés dans les « Tibétains ». Pourtant, ils ont leur culture, leur langue, leurs traditions propres ! Pékin a « partagée » l’Amdo entre les provinces chinoises du Qinghai, du Gansu et du Sichuan.

L’Amdo compte des personnages célèbres et très importants de la culture tibétaine : c’est ici que naquit Tsongkhapa (1357-1419), le réformateur du bouddhisme et fondateur de l’école Gelugpa (bonnets jaunes) qui est la plus récente des quatre grandes écoles du Bouddhisme tibétain. Le chef spirituel des « Bonnets jaunes » est surement le plus célèbre des Tibétains, un dénommé Tenzin Gyatso, plus connu sous le titre de XIVe Dalaï-Lama ; il est né en 1935 dans le village de Taktser situé dans l’Amdo.

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Monastère de Labrang (Xiahe)

L’Amdo est aussi connue pour ses nombreux et importants monastères bouddhistes tibétains tous rattachés à l’école des Gelugpa. Le monastère de Labrang près de la petite ville de Xiahe ou celui de Kumbum au sud-est de la ville de Xining où séjourna l’exploratrice Alexandra David-Néel font partie des 6 plus grands monastères bouddhistes tibétains.

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Alexandra David Néel et son fils adoptif

C’est dans cette zone géographique que la tradition de la culture tibétaine est encore la plus authentique et la plus « vivante ». Bien que de nombreux nomades ont été relogés et sédentarisés (souvent de force) dans des villes ou villages, il y a encore beaucoup de nomades Golocks  མགོ་ལོག qui vivent sous des tentes traditionnelles de laine de yak.

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Dans les pleines de l’Amdo !

L’Amdo est en grande partie couverte de vertes prairies, situées entre 3000 et 3500 mètres d’altitude, ce qui convient parfaitement pour le pâturage des yaks, des moutons et des chevaux.

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Yaks, moutons et chevaux…

 

Elle est parcourue par le fleuve jaune (le « Huang He » en Chinois, Ma chu « le fleuve du paon » en tibétain) ce qui lui permet de posséder beaucoup de vallées agricoles fertiles parfaites pour cultiver de l’orge, du blé et du colza.

On y trouve aussi de hautes montagnes enneigées avec de nombreux pics s’élevant au-dessus de 5000 mètres comme le Mt Nyenbo Yurtse (5300 mètres) ou l’Amnye Machen (6282 mètres), la plus haute montagne de l’Amdo qui est sacrée pour les nomades Gologs. Il y a aussi de grands lacs comme le Lac Qinghai qui est non seulement le plus grand lac sur le plateau tibétain, mais le plus grand lac de toute la Chine.

Planète Découverte, vous emmène à la découverte de cette région surprenante et magnifique à travers ces 2 voyages d’exemptions : Kirghizistan-Chine, sur la route de la soie et Approche Tibétaine.

« Le sentier est unique pour tous, seuls les moyens d’atteindre le but varient avec le voyageur». Proverbe tibétain.

A Labrang !

A Labrang !

 

Pierre

Sur la Grande Muraille de Chine.

Sur la Grande Muraille de Chine.

Sur la Grande Muraille de Chine.

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La Grande Muraille de Chine dans la région de Jinshanling.

La Grande Muraille de Chine (长城) Chángchéng en mandarin (littéralement la « longue muraille ») est surnommée par les Chinois « La longue muraille de dix mille li » (le « li » étant une unité de longueur et dix milles symbolisant l’infini en chinois!).

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Sur la Grande Muraille de Chine !

Inscrite depuis 1987 au patrimoine mondial de l’UNESCO comme « valeur universelle exceptionnelle », elle est encore aujourd’hui le plus grand édifice jamais construit par la main de l’Homme. Sa largeur varie entre 5 et 7 mètres en moyenne et sa hauteur entre 5 et 17 mètres, par contre sa longueur est sujette à controverse! Elle varie selon les sources, car elle n’est pas une seule entité linéaire bien définie d’Est en Ouest.

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La Muraille à travers les montagnes et forêts !

Le China Daily (un quotidien chinois en anglais) a indiqué dernièrement avec une précision extrême qu’elle s’étendait sur 8 851,8 kms, soit sur une longueur de plus 2000 kms que les 6 700 kms jusque-là communément admis (cette dernière étude comptabilise la totalité des murs bâtis). Et, selon l’UNESCO, elle mesurerait dans sa totalité plus de 20.000 kms, cette estimation prend en compte des parties actuellement détruites et les défenses naturelles.

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La Grande Muraille à Mutianyu.

En effet, la Muraille ne se compose pas seulement de murs bâtis de main d’Homme, mais aussi de barrières naturelles comme des montagnes ou des rivières. Les parties fortifiées sont construites de différents matériaux selon la géographie et les ressources des contrées traversées. Par exemple, dans la province du Gansu on peut observer des tronçons en terre encore aujourd’hui bien conservés, alors que dans les montagnes au Nord Est de Pékin ce sont des tronçons en pierre de taille et en briques maçonnées qui ont rendu son image célèbre dans le monde entier.

Pour la construire furent utilisés 180 millions de mètres cubes de terre pour former le cœur de l’ouvrage et surtout plus de 500 000 soldats, 300 000 esclaves et prisonniers politiques. Elle a aussi été faite avec le sang des Hommes, car lorsqu’un esclave mourrait il était enterré à même les fondations du mur, elle serait donc le plus grand cimetière du monde.

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La Grande Muraille à Jiayuguan.

Géographiquement, elle s’étire entre à l’est la ville de Shanhaiguan sur le bord de la mer Jaune (Golfe de Bohai) et à l’ouest Jiayuguan dans la province du Gansu à la porte du désert de Gobi. Elle serpente le long de 17 provinces, régions automnes et municipalités, elle franchit de hautes montagnes et les sables du désert de Gobi dans le Xinjiang.

Historiquement, c’est vers 220 av. J.-C. que l’Empereur Qin Shin Huang de la dynastie Qin entreprit de réunir des tronçons de fortifications existants pour en faire un système défensif. Sa construction se poursuit sur une période de 2500 ans, sous les dynasties Han, Yuan, Ming et Qing, jusqu’à la fin du XVIIe siècle. La Grande Muraille est une gigantesque construction militaire destinée avant tout à être un poste de surveillance. Elle était ponctuée de tours de guet réparties sur des points élevés tous les 20 ou 30 kilomètres qui permettaient aux guetteurs de donner l’alerte en allumant des brasiers pour ainsi de prévenir la venue d’une troupe ennemie.

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Fort de Jiayuguan fin occidentale de la Muraille!

Mais elle ne fut jamais une ligne de défense impénétrable ni un même un obstacle, au XIIIe siècle elle n’arrêta pas les hordes de cavaliers mongoles, ni quelques siècles plus tard l’armée Manchou et encore moins les « barbares » européens au XIXe siècle! L’Histoire nous a appris que les murs n’ont jamais servi à grand-chose, elles sont des leurres pour faire peur aux soi-disant « barbares », rassurer abusivement les sujets et surtout asseoir les pouvoirs des différents Empereurs ou Rois qui grâce à eux donnaient un signe de puissance! Et comme disait Isaac Newton « Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts ».

À plusieurs reprises, la Grande Muraille a été partiellement détruite puis reconstruite. Mao Zedong encouragea à utiliser ses pierres et briques pour construire des infrastructures modernes (routes, barrages …), car au XIXe siècle elle représentait pour les Chinois une œuvre de tyrans. Elle tomba à l’abandon, des pans entiers s’effondrèrent, mais en 1948 Deng Xiaoping lance le slogan « Aimons notre Chine, relevons notre Grande Muraille », faisant d’elle un symbole d’unité et de modernité.

Aujourd’hui des travaux sont régulièrement menés pour préserver cet édifice étroitement lié à l’Histoire de la Chine dans un but de conservation du patrimoine, et aussi dans un but d’attrait touristique.

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Richard Nixon la gravit en 1972 lors de son séjour en Chine et aurait déclaré: « c’est assurément un grand mur » !

Contrairement à une idée reçue, cette construction n’est pas visible depuis la lune! Cette légende serait partie d’un antiquaire anglais du XVIIIe siècle (!), William Stukeley, qui imagine dans une lettre: « Le mur d’Hadrien n’est dépassé que par la muraille de Chine, qui dessine une formidable figure sur le globe terrestre, et pourrait bien être visible depuis la Lune. » L’idée est reprise dans les siècles suivants par de nombreux auteurs et l’idée devient mythe… Il faut attendre juillet 1969 et Neil Armstrong pour avoir enfin la réponse et affirmer « n’avoir jamais pu identifier la muraille de Chine » !

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Caravane ou illusion d’optique !!!

Par contre depuis l’espace, le sujet fait polémique ! D’après l’astronaute américain Leroy Chiao, qui a passé 6 mois dans la station spatiale internationale, elle est visible depuis l’espace par beau temps et à l’œil nu. Cette information a fait la une du quotidien « China Daily », contredisant ainsi le taïkonaute (cosmonaute chinois) Yang Liwei qui avait assuré, lors de son séjour spatial en 2003, n’avoir vu aucune trace de la muraille !? Mais parait-il figure également à la liste des grandes réalisations humaines que l’on peut apercevoir depuis l’espace : les digues des Pays-Bas, les pyramides d’Égypte et, de source chinoise, le troisième périphérique de Pékin… !? En fait tout dépend de la distance à laquelle on observe la terre depuis l’espace !

Un proverbe chinois, dit « Celui qui n’a pas gravi la grande muraille n’est pas un brave » ! Nous ne pouvons que vous conseiller vivement de devenir un brave et d’aller voir de visu la Grande Muraille de Chine. C’est un des spectacles les plus fascinants que l’on trouve sur notre Planète, elle offre un exemple parfait d’architecture intégrée au paysage. Et comme aimait à dire la grande voyageuse Ella Maillart : « Après tout, il faut aller voir »…

 

Pierre

Sur la Grande Muraille de Chine

 

Planète Découverte au Tibet

Planète Découverte au Tibet

Planète Découverte au Tibet.

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Moines Tibétains

Le Tibet ( བོད་), « le toit du monde », se situe au cœur de l’Himalaya, mais également dans le cœur de beaucoup de personnes, un pays mythique entre tous, mais où commence-t-il, où finit-il, où vivent les Tibétains, combien sont-ils ?

Nul doute que le bouddhisme tibétain et le Dalaï-lama contribuent à la fascination qu’on ressent tous pour cette région longtemps préservée des modernités, qui a su garder (malgré tout) une culture hors du temps!!

« Le sentier est unique pour tous, seuls les moyens d’atteindre le but varient avec le voyageur ». Proverbe tibétain

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Potala

La religion occupe donc une place extrêmement importante chez les Tibétains. Ils sont majoritairement bouddhistes, ils pratiquent le bouddhisme vajrayâna ou bouddhisme tantrique. Au Tibet, le vajrayâna fut influencé par la religion Shamaniste Bön (la religion locale préexistante). Cette forme de Bouddhisme s’est développée dans cette région à partir du VIIe siècle et se pratique encore aujourd’hui au Tibet, en Mongolie, en Bouriatie (Russie), au Bhoutan, au Mustang, dans le nord du Népal, au Ladakh, au Sikkim et bien sûr à Dharamsala (où est réfugié le gouvernement tibétain en exil). Le bouddhisme tibétain possède une hiérarchie traditionnelle dont les deux Lamas (maîtres spirituels) principaux appartiennent à une lignée de Tulkus, maîtres réincarnés : d’abord, le Dalaï-lama « océan de sagesse », qui est tant le détenteur de l’autorité temporelle que le chef spirituel de l’ensemble des écoles bouddhistes tibétaines, et membre de branche Gelugpa ou bonnets jaunes. Le XIVe Dalaï-lama était le principal dirigeant politique du régime théocratique tibétain jusqu’à l’envahissement du Tibet par la Chine en 1950, la grande répression et son départ pour l’exil en Inde en 1959. Il est considéré comme l’incarnation du Bodhisattva de la compassion (Chenrezig en tibétain ou Avalokisteshvara en sanskrit). Et le Panchen-lama « grand érudit » qui est considéré comme une émanation du Bouddha Amitabha « de lumière infinie », il est le deuxième chef spirituel du bouddhisme tibétain. Le Panchen-lama actuel est sous contrôle des autorités chinoises, son prédécesseur ayant disparu mystérieusement! Selon l’histoire tibétaine, la confirmation du Dalaï-lama ou du Panchen-lama doit être mutuellement reconnue, voilà pourquoi le Dalaï-Lama semble affirmer qu’il sera la dernière des réincarnations !?

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Moines Tibétains de la province du Kham

Le Tibet, géographique, culturel et ethnique, ne se limite pas à la région « sous contrôle » chinois. Géographiquement, il englobe d’une part le Ladakh, le Zanskar, le Spiti et le Lahoul (des régions rattachées à l’Inde) et, d’autre part, les régions du Kham et de l’Amdo qui couvrent un territoire allant de la frontière birmane au désert de Gobi, du fleuve Yangzi (YangTsé-Kiang) à Chengdu (capitale du Sichuan). Sont aussi aujourd’hui « intégrées » les provinces chinoises limitrophes du Qinghai, Yunnan, Sichuan et Gansu. La totalité de ce territoire est de 3 500 000 km² alors que la « Région autonome du Tibet » ne s’étend plus que sur 1 228 000 km².

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Sommet Himalayen et drapeaux de prière

 

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Pèlerins devant le Jokhang à Lhassa

Le « Tibet historique ou Grand Tibet », revendiqué par le gouvernement tibétain en exil, est composé de 3 régions traditionnelles (aujourd’hui sous contrôle chinois): l’Ü-Tsang ou Tibet méridional autour de Lhassa dont la plus grande partie est « inclus » dans la Région autonome du Tibet, l’Amdo au nord ou haut Tibet (morcelée dans les provinces chinoises du Qinghai, Gansu et Sichuan) et le Kham ou Tibet oriental (partagée entre les provinces chinoises du Sichuan et du Yunnan).

Les Tibétains dans l’ensemble de ces régions seraient, selon le bureau des statistiques de la Chine, un peu plus de 6 millions. Dans la seule région autonome du Tibet, ils seraient près de 3 millions. Hors de Chine, on dénombre environ 2 millions de Tibétains ainsi que 200 000 réfugiés vivant actuellement dans les pays limitrophes (Inde, Népal, Bhoutan) ainsi qu’en Europe et en Amérique du Nord.

La langue tibétaine appartient à la famille des langues tibéto-birmanes, elle est encore parlée par 5 à 7 millions de locuteurs, dans le « Grand Tibet » et dans certaines régions de pays environnants de l’Himalaya et d’Asie Centrale, comme au Ladakh et au Sikkim (Inde), au Balistan (Pakistan), au Bhoutan et au Mustang (nord du Népal).

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Col de Khamba-La (4797 m d’altitude) et le lac Yamdrock

De tout temps, tant par son territoire, sa population et sa religion, le Tibet est une partie du monde grandiose et fascinante qui fait rêver et fantasmer les voyageurs et explorateurs d’Alexandra David-Néel à Tintin (!).

Un voyage incontournable et nécessaire chez un peuple qu’il ne faut pas oublier ! Planète Découverte vous emmène à la rencontre du peuple tibétain. .

Important : « La plupart des Tibétains sont en faveur du tourisme, car il constitue l’un des seuls moyens par lequel le monde extérieur peut prendre connaissance des conditions de vie au Tibet et des aspirations des Tibétains. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de boycott organisé comme cela a été le cas pour l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid. L’avis du Dalaï-Lama, consulté à ce propos par différentes personnes, est qu’il faut continuer à aller au Tibet pour témoigner … et ne pas isoler le Tibet du reste du monde. » Source: www.tibet-info.net

Pierre

Planète Découverte sous le signe de la Chèvre de bois!

Planète Découverte sous le signe de la Chèvre de bois!

Planète Découverte sous le signe de la Chèvre de bois !

2015 Année sous le signe de la chèvre de bois

2015 Année sous le signe de la chèvre de bois

Cette année nous rentrons dans l’« année de la Chèvre » ou « du Mouton » ?!

En effet, comme tous les 12 ans, la même problématique revient lors du Nouvel An : faut-il célébrer l’année de la Chèvre ou du Mouton? Il y a polémique!

Pour mieux cerner la « problématique », il faut se tourner vers la langue chinoise. En effet, en Chine, on célèbre l’année du 羊 (yáng) et selon les dictionnaires chinois – français pour ce caractère, le résultat proposé sera au choix : « chèvre » et/ou « mouton ». Or si l’on regarde la définition de 羊 dans les dictionnaires chinois – chinois, on se rend compte qu’il s’agit en réalité plus d’une sorte de famille d’animaux que d’un animal spécifique. Il est généralement convenu de célébrer l’année de la Chèvre, mais ceux qui fêteront l’année du Mouton n’auront pas fondamentalement tort!

Yang: signe de la chèvre ou du  mouton !

Yang: signe de la chèvre ou du mouton !

Donc l’année de la Chèvre de Bois, car on associe toujours un de ces cinq éléments (métal, eau, bois, feu, terre) au signe, a commencé le 19 février 2015 et elle se terminera le 7 février 2016, laissant alors place au signe chinois du Singe de Feu (sans polémique on ne confond le singe avec personne!).

Du signe de la chèvre au signe du Singe !

Du signe de la chèvre au signe du Singe !

Mais la question que tout le monde se pose, c’est que va-t-il se passer cette année qu’elle sera notre destin?

Selon les « spécialistes » de l’horoscope chinois, en cette année de la chèvre, du mouton ou du bouc, on doit s’attendre à tout et surtout à l’inattendu!!! Voilà une prédiction impressionnante!  Des coups de théâtre se produiront tout au long de l’année, il y aura des rebondissements,  des pirouettes en tout genre, bref, l’année sera surprenante, on ne va pas s’ennuyer! Plutôt une bonne nouvelle! Que ce soit les simples péripéties ou les situations terribles qui surviendront, elles finiront de toute façon par s’arranger et il y aura toujours un retournement qui interviendra juste à temps pour prévenir le désastre qu’on croyait inévitable !!!

Comme disait le romancier et dramaturge français Alfred Capus : « Tout s’arrange dans la vie, même mal.»!

Celles et ceux qui vont naître cette année, comme celles et ceux qui sont nés sous le signe de la Chèvre, sont décrits comme étant libres, travailleurs, efficaces, faisant preuve de souplesse, ayant une capacité d’adaptation étonnante, créatifs, doux, sensibles (ce sont des artistes dans l’âme, car ce sont des années propices au développement de tous les arts et plus particulièrement à celui de la musique et du théâtre). Ce signe est aussi le plus doux et le plus féminin des signes chinois. La Chèvre est une grande romantique devant l’éternel! Mais ils sont également, hésitants, capricieux, pessimistes, indisciplinés, opportunistes, dépensiers. Personne n’est parfait!

La couleur des « chèvres » est le rose et le violet et ses nombres porte-bonheur sont les 3, 4, 5, 12, 34, 45 et 54. Elles s’entendent bien avec les gens nés sous le signe du Chat (ou Lapin ou Lièvre, là aussi il y a polémique!) et du Cochon, et très mal avec ceux nés sous le signe du Bœuf et du Serpent! Les goûts et les couleurs…?!

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous êtes peut-être une chèvre? Pour être une chèvre, il faut être né une de ces année-là : (de 1907 à 2015) du 13/02/1907 au 01/02/1908 Chèvre de Feu, du 01/02/1919 au 19/02/1920 Chèvre de Terre, du 17/02/1931 au 05/02/1932 Chèvre de Métal, du 05/02/1943 au 24/01/1944 Chèvre d’Eau, du 24/01/1955 au 11/02/1956 Chèvre de Bois, du 09/02/1967 au 29/01/1968 Chèvre de Feu, du 28/01/1979 au 15/02/1980 Chèvre de Terre, du 15/02/1991 au 03/02/1992 Chèvre de Métal, du 01/02/2003 au 21/01/2004 Chèvre d’Eau et du 19/02/2015 au 07/02/2016 Chèvre de Bois.

Il y a des « chèvres » célèbres : Carla Bruni, Bruce Willis, Johnny Hallyday, Julia Roberts, Nicolas Hulot, Nicolas Sarkozy, Nicole Kidman…

Mais rassurez-vous, si vous n’êtes pas une chèvre ou un bouc, vous êtes quand même un animal astrologique!
Mais quel est votre signe dans l’astrologie chinoise?

Vous aurez la réponse dans le tableau qui se trouve à la fin de cet article!

 

Signes du zodiaque d'Asie

Signes du zodiaque d’Asie

Bon à savoir!

L’astrologie occidentale est basée sur le soleil, c’est-à-dire sur une astrologie mensuelle. L’astrologie chinoise, elle, se base sur un cycle lunaire donc à l’année (la seule ressemblance entre les douze signes du zodiaque occidentale est le fait qu’ils soient 12!). L’astrologie chinoise a comme référence 111 étoiles, dont certaines sont des planètes classiques, d’autres des points fictifs (?!) et d’autres sont liées à des légendes ou à des animaux célestes (pourquoi pas!). Chaque cycle lunaire s’établit sur une période de douze ans, elle associe un animal à chaque année de naissance. Un total donc de douze animaux forment la base de l’astrologie chinoise et, de par leurs caractéristiques propres, assurent la nature distincte de chacun d’eux. L’influence de chaque animal sur l’homme est donc capitale! Les 12 animaux sont dans l’ordre d’arrivée: Rat (ou Souris), Bœuf (ou Buffle), Tigre, Lapin (ou Lièvre ou Chat), Dragon, Serpent, Cheval, Chèvre (ou Bouc ou Mouton), Singe, Coq (ou Phénix), Chien, Cochon (ou Sanglier ou Porc).

Selon une légende populaire : Bouddha aurait, au moment de quitter le monde terrestre, convié tous les animaux à venir le rejoindre, mais seulement 12 prirent la décision de l’honorer de leur présence : le chien, le rat, le bœuf, le tigre, le dragon, le lapin, le serpent, le cheval, le mouton, le cochon, le singe et le coq. Honoré par la démarche de ces douze animaux, il leur fit une fabuleuse offrande: chacun d’entre eux se vit offrir une année lunaire à son effigie.

Yin et Yang

Yin et Yang

 

Chaque signe chinois est influencé par le Yin et le Yang. Complémentaires et unis, ils donnent à chacun d’entre nous une facette Yin ou Yang ancrée, mais jamais en opposition. Chaque signe astrologique chinois a donc son pendant Yin ou Yang.

Le Yin révèle notre partie féminine, l’inconscient, la nuit, le froid. Les signes associés sont le bœuf, le chat, le serpent, la chèvre, le coq et le cochon.
Le Yang révèle notre partie masculine, le conscient, le jour, le soleil. Les signes associés sont le rat, le tigre, le dragon, le cheval, le singe et le chien.

 

 

Dans la société chinoise et dans beaucoup de pays d’Asie, l’astrologie occupe encore aujourd’hui une place importante, régissant les faits et gestes. Plus qu’un simple horoscope, c’est souvent un mode de vie. Les Empereurs chinois avaient conscience de son pouvoir et ils avaient interdit sa pratique afin de ne pas dévoiler leurs faiblesses à de potentiels ennemis! De nos jours l’importance des fêtes du Nouvel An (basé sur l’astrologie) en témoigne: Losar au Tibet, Têt au Vietnam

Fête du Nouvel An en Chine

Fête du Nouvel An en Chine

En tout cas, que l’on croit ou pas dans l’astrologie, que l’on soit chèvre ou bouc, l’Asie est de toutes les façons fascinante dans ses coutumes et dans toutes ces formes de cultures.

Planète Découverte vous invite à aller explorer l’Asie : la Chine, le Tibet, le Vietnam, le Cambodge, la Birmanie, le Japon, la Corée du Sud, l’Indonésie, le Bhoutan, etc. à la rencontre de l’Orient!

« Croyez ce que vous-même aurez expérimenté et reconnu raisonnable, qui sera conforme à votre bien et à celui des autres. » Bouddha

Bon voyage avec nous!

Pierre

 

Pour connaitre votre signe dans l’horoscope asiatique:

Années chinoises

Début

Fin

Début

Fin

Élément

Signe

1900 jan. 31 1901 fév. 18 1960 jan. 28 1961 fév. 14 金 Metal 鼠 rat
1901 fév. 19 1902 fév. 07 1961 fév. 15 1962 fév. 04 金 Metal 牛 buffle
1902 fév. 08 1903 jan. 28 1962 fév. 05 1963 jan. 24 水 Eau 虎 tigre
1903 jan. 29 1904 fév. 15 1963 jan. 25 1964 fév. 12 水 Eau 兔 lièvre
1904 fév. 16 1905 fév. 03 1964 fév. 13 1965 fév. 01 木 Bois 龍 dragon
1905 fév. 04 1906 jan. 24 1965 fév. 02 1966 jan. 20 木 Bois 蛇 serpent
1906 jan. 25 1907 fév. 12 1966 jan. 21 1967 fév. 08 火 Feu 馬 cheval
1907 fév. 13 1908 fév. 01 1967 fév. 09 1968 jan. 29 火 Feu 羊 chèvre
1908 fév. 02 1909 jan. 21 1968 jan. 30 1969 fév. 16 土 Terre 猴 singe
1909 jan. 22 1910 fév. 09 1969 fév. 17 1970 fév. 05 土 Terre 鷄 coq
1910 fév. 10 1911 jan. 29 1970 fév. 06 1971 jan. 26 金 Metal 狗 chien
1911 jan. 30 1912 fév. 17 1971 jan. 27 1972 fév. 14 金 Metal 猪 porc
1912 fév. 18 1913 fév. 05 1972 fév. 15 1973 fév. 02 水 Eau 鼠 rat
1913 fév. 06 1914 jan. 25 1973 fév. 03 1974 jan. 22 水 Eau 牛 buffle
1914 jan. 26 1915 fév. 13 1974 jan. 23 1975 fév. 10 木 Bois 虎 tigre
1915 fév. 14 1916 fév. 02 1975 fév. 11 1976 jan. 30 木 Bois 兔 lièvre
1916 fév. 03 1917 jan. 22 1976 jan. 31 1977 fév. 17 火 Feu 龍 dragon
1917 jan. 23 1918 fév. 10 1977 fév. 18 1978 fév. 06 火 Feu 蛇 serpent
1918 fév. 11 1919 jan. 31 1978 fév. 07 1979 jan. 27 土 Terre 馬 cheval
1919 fév. 01 1920 fév. 19 1979 jan. 28 1980 fév. 15 土 Terre 羊 chèvre
1920 fév. 20 1921 fév. 07 1980 fév. 16 1981 fév. 04 金 Metal 猴 singe
1921 fév. 08 1922 jan. 27 1981 fév. 05 1982 jan. 24 金 Metal 鷄 coq
1922 jan. 28 1923 fév. 15 1982 jan. 25 1983 fév. 12 水 Eau 狗 chien
1923 fév. 16 1924 fév. 04 1983 fév. 13 1984 fév. 01 水 Eau 猪 porc
1924 fév. 05 1925 jan. 24 1984 fév. 02 1985 fév. 19 木 Bois 鼠 rat
1925 jan. 25 1926 fév. 12 1985 fév. 20 1986 fév. 08 木 Bois 牛 buffle
1926 fév. 13 1927 fév. 01 1986 fév. 09 1987 jan. 28 火 Feu 虎 tigre
1927 fév. 02 1928 jan. 22 1987 jan. 29 1988 fév. 04 火 Feu 兔 lièvre
1928 jan. 23 1929 fév. 09 1988 fév. 04 1989 fév. 05 土 Terre 龍 dragon
1929 fév. 10 1930 jan. 29 1989 fév. 06 1990 jan. 26 土 Terre 蛇 serpent
1930 jan. 30 1931 fév. 16 1990 jan. 27 1991 fév. 14 金 Metal 馬 cheval
1931 fév. 17 1932 fév. 05 1991 fév. 15 1992 fév. 03 金 Metal 羊 chèvre
1932 fév. 06 1933 jan. 25 1992 fév. 04 1993 jan. 22 水 Eau 猴 singe
1933 jan. 26 1934 fév. 13 1993 jan. 23 1994 fév. 09 水 Eau 鷄 coq
1934 fév. 14 1935 fév. 03 1994 fév. 10 1995 jan. 30 木 Bois 狗 chien
1935 fév. 04 1936 jan. 23 1995 jan. 31 1996 fév. 18 木 Bois 猪 porc
1936 jan. 24 1937 fév. 10 1996 fév. 19 1997 fév. 06 火 Feu 鼠 rat
1937 fév. 11 1938 jan. 30 1997 fév. 07 1998 jan. 27 火 Feu 牛 buffle
1938 jan. 31 1939 fév. 18 1998 jan. 28 1999 fév. 15 土 Terre 虎 tigre
1939 fév. 19 1940 fév. 07 1999 fév. 16 2000 fév. 04 土 Terre 兔 lièvre
1940 fév. 08 1941 jan. 26 2000 fév. 05 2001 jan. 23 金 Metal 龍 dragon
1941 jan. 27 1942 fév. 14 2001 jan. 24 2002 fév. 11 金 Metal 蛇 serpent
1942 fév. 15 1943 fév. 04 2002 fév. 12 2003 jan. 31 水 Eau 馬 cheval
1943 fév. 05 1944 jan. 24 2003 fév. 01 2004 jan. 21 水 Eau 羊 chèvre
1944 jan. 25 1945 fév. 12 2004 jan. 22 2005 fév. 8 木 Bois 猴 singe
1945 fév. 13 1946 fév. 01 2005 fév. 9 2006 jan. 28 木 Bois 鷄 coq
1946 fév. 02 1947 jan. 21 2006 jan. 29 2007 fév. 17 火 Feu 狗 chien
1947 jan. 22 1948 fév. 09 2007 fév. 18 2008 fév. 6 火 Feu 猪 porc
1948 fév. 10 1949 jan. 28 2008 fév. 7 2009 jan. 25 土 Terre 鼠 rat
1949 jan. 29 1950 fév. 16 2009 jan. 26 2010 fév. 13 土 Terre 牛 buffle
1950 fév. 17 1951 fév. 05 2010 fév. 14 2011 fév. 2 金 Metal 虎 tigre
1951 fév. 06 1952 jan. 26 2011 fév. 3 2012 jan. 22 金 Metal 兔 lièvre
1952 jan. 27 1953 fév. 13 2012 jan. 23 2013 fév. 09 水 Eau 龍 dragon
1953 fév. 14 1954 fév. 02 2013 fév. 10 2014 jan. 30 水 Eau 蛇 serpent
1954 fév. 03 1955 jan. 23 2014 jan. 31 2015 fév. 18 木 Bois 馬 cheval
1955 jan. 24 1956 fév. 11 2015 fév. 19 2016 fév. 7 木 Bois 羊 chèvre
1956 fév. 12 1957 jan. 30 2016 fév. 8 2017 jan. 27 火 Feu 猴 singe
1957 jan. 31 1958 fév. 17 2017 jan. 28 2018 Fév 15 火 Feu 鷄 coq
1958 fév. 18 1959 fév. 07 2018 fév. 16 2019 fév. 4 土 Terre 狗 chien
1959 fév. 08 1960 jan. 27 2019 fév. 5 2020 jan. 24 土 Terre 猪 porc

 

 

 

 

Planète Découverte vous emmène dans les Hauts lieux du Bouddhisme.

Planète Découverte vous emmène dans les Hauts lieux du Bouddhisme.

Planète Découverte vous emmène dans les Hauts lieux du Bouddhisme.

Haut lieu du Bouddhisme, le Potala de Lhassa

Haut lieu du Bouddhisme, le Potala de Lhassa

À travers le temps et l’espace, chaque pays a élaboré « son propre Bouddhisme ». En assimilant les deux doctrines principales (le Theravada aussi appelé « Petit Véhicule » et le Mahayana aussi appelé « Grand Véhicule ») à ses propres influences et croyances ancestrales, de nombreux pays d’Asie ont construit de fabuleux et originaux sites bouddhistes que nous vous proposons de découvrir.
L’enseignement du Bouddha est appelé « véhicule », car il permet de progresser sur la Voie qui mène à l’éveil et à la libération de la souffrance. Le Petit Véhicule ne considère que l’enseignement transmis par le Bouddha historique selon la voie monastique des anciens (premiers disciples). Le Grand Véhicule, lui, considère que les enseignements d’autres Bouddhas ou Bodhisattvas sont possibles. Ils peuvent nous aider sur la Voie.
Que ce soit donc dans les pays où l’on pratique le « Grand Véhicule » : au cœur de l’Himalaya dans les monastères lamaïstes du Tibet, du Sikkim, du Ladakh, au Royaume du Bhoutan, au Népal (au Mustang!), dans les grottes aux mille bouddhas de Chine ou dans les immenses temples en bois millénaires du Japon ou de Corée…
Ou que ce soit dans les pays où les gens se réfèrent au « Petit Véhicule » comme en Asie du Sud-Est, dans les pagodes couvertes d’or de Birmanie, dans les hallucinants temples perdus des forêts vierges du Cambodge…
Planète Découverte, grâce à ses guides-accompagnateurs qui parcourent le monde depuis des années, notamment en Asie, vous emmène dans les hauts lieux du Bouddhisme à la découverte de ces merveilles du Bouddhisme des sommets de l’Himalaya aux rives du Pacifique.

 Les trois singes de Nikko, Japon

« je ne dis pas le mal », « je ne vois pas le mal », « je n’entends pas le mal », 3 petits singes de la sagesse

 

Partons en Inde, le pays où naquit Siddhârta Gautana, dit Shākyamuni, le Bouddha historique et fondateur du Bouddhisme. Les origines du Bouddhisme en Inde remontent au Vème siècle av. J.-C. à la suite de l’éveil du Prince Siddhârta et de son enseignement. Il s’impose face au Brahmanisme, puis il fût rejeté dès le XIIIe siècle par l’Hindouisme et l’Islam. Le Brahmanisme ira jusqu’à intégrer Bouddha comme simple avatar de Vishnu! De nos jours, le Bouddhisme reste toujours très actif dans l’Himalaya indien, au Ladakh dans les monastères de Leh comme sur les rives de l’Indus et au Sikkim autour des chorten (stupas) du Tashiding Gompa.

Chorten au Ladakh, Inde

Chorten Chang-Tang au Laddakh

Traversons la frontière pour l’exploration du Tibet, où l’on y pratique depuis le VIIIe siècle le Bouddhisme lamaïste ou Vajrayana (véhicule de diamant), qui reprend la philosophie et la cosmologie du Mahayana avec, en plus, une symbolique et des pratiques religieuses spécifiques basées sur le tantrisme. En arrivant sur le toit du monde, il a subi les influences de la religion chamaniste Bön présente au Tibet bien avant l’arrivée du Bouddhisme.

Temple de Labrang dans l'Amdo, Chine

Bonnets jaunes au Tibet

Les Bouddhistes lamaïstes utilisent des rites réservés aux initiés: mandalas (représentation du cosmos divin), mantras (prières et formules magiques) et mudras (gestuelle répondant à des codes bien précis). Le savoir et l’enseignement ésotérique est transmis aux initiés par un maître spirituel (guru en sanscrit, lama en tibétain), ils occupent une place fondamentale. Autre particularité du Vajrayana, il y a la possibilité d’atteindre l’Éveil en ce monde, en « incorporant » la vérité spirituelle profonde. Ainsi le Samsara (roue de la vie ou cycle des réincarnations) et le Nirvana (libération du cycle des réincarnations qui mène l’éveil) se confondent, on peut donc devenir un « Bouddha vivant ». Depuis cinq siècles, l’autorité spirituelle, religieuse et politique des Tibétains est le Dalaï-Lama (océan de sagesse), il est l’Incarnation d’Avalokiteshvara, le bodhisattva de la compassion, il appartient à l’école des Geluppa (ou bonnets jaunes), la plus importante du Vajrayana. Tendzin Gyatso, l’actuel XIVe Dalaï-lama, vit en exil à Dharamsala (Inde) depuis 1959, il reste cependant le garant de la foi, de la culture et de l’identité tibétaine. Les hauts lieux du Bouddhisme au Tibet sont le sublime Potala de Lhassa, grandiose palais-monastère bâti au VIIe siècle par le Vème Dalaï-Lama pour affirmer son pouvoir, le mystérieux temple de Jokhang, toujours à Lhassa qui est le plus vieux et le plus sacré des monastères du pays et abrite le Jowo, la fameuse statue de Bouddha, que tous les Tibétains rêvent de contempler une fois dans leur vie. C’est pour lui rendre hommage que les fidèles entreprennent le pèlerinage vers Lhassa pour le contempler… au Tibet, on trouve encore de nombreux monuments essentiels du Bouddhisme comme le superbe Kumbum (le Chorten aux mille images) de Gyantse ou le magnifique monastère Tashilhumpo, siège du Panchen Lama (deuxième personnage de la hiérarchie bouddhiste lamaïste après le Dalaï-Lama)…

Continuons notre voyage par un petit royaume où le Vajrayana est également pratiqué: le Bhoutan. On y trouve le fantastique monastère de Taktshang, le plus célèbre du pays tant pour sa situation géographique (il est accroché à une falaise à 3 120 mètres d’altitude et à environ 700 mètres au-dessus de la vallée de Paro) que pour son importance religieuse, Milarepa, un des deux grands « saints » tibétains qui y séjourna au XIIe siècle.

Temple Taktshang au Bhoutan

Taktshang au Bhoutan

Après un passage à la ville qui répond au nom évocateur de Darjeeling, on arrive au Népal. Les Bouddhistes sont 30 % de la population. Ici le Bouddhisme est souvent mêlé aux traditions locales et aux croyances hindouistes. Le Bouddhisme est présent dans des sites majeurs : à Bodnath, un grand sanctuaire du Bouddhisme et haut lieu de pèlerinage avec son impressionnant stupa de 100 m de circonférence, à Swayambu, aussi appelé le Temple des Singes, fondé il y a 25 siècles, c’est l’un des premiers sanctuaires bouddhiques du monde, à Patan, peut-être la plus ancienne cité bouddhique d’Asie, puisque c’est là que l’Empereur Asoka fit construire l’un des quatre grands stupas destinés à accueillir les cendres de Bouddha et bien sûr à Lumbini, village de naissance de Bouddha, devenu lieu de pèlerinage pour les Bouddhistes du monde entier.Stupa de Bodnath eu banlieue de Kathmandu

Stupa de Bodnath à Kathmandu

 Partons vers l’Est, dans l’Empire du Milieu, la Chine, où le Bouddhisme est toujours vivant, on y pratique également le Bouddhisme Mahayana qui s’y épanouit à partir du Ve siècle, puis évoluèrent sous forme de cultes populaires, liés notamment avec les philosophies confucianistes et taoïstes. Le Confucianisme et Bouddhisme se complètent en Chine, l’un sert de guide pour la vie de ce bas monde, l’autre pour la vie dans l’autre monde. Avec le Taoïsme, le Bouddhisme partage une certaine conception de la recherche d’harmonie et de sérénité. Là encore nous vous rendons aux sites principaux : Les Grottes bouddhistes du sanctuaire rupestre de Dunhuang, grand centre d’enseignement bouddhique au VIe siècle, sur la route de la Soie, ainsi qu’à Bingling Si avec ses fameuses grottes sculptées des mille Bouddhas, dont celui de Maitreya, le Bouddha du futur haut de 27m.

Grand Bouddha des grottes de Bingling Si

Bouddha géant de Bingling Si

Traversons la mer du Japon, après s’être arrêté au très beau temple bucolique de Beomeosa qui surplombe Busan (le principal port de Corée du Sud) et débarquons sur les côtes de l’archipel Nippon, où le Bouddhisme est arrivé de Chine via la Corée au VIe siècle. Il s’inspire du Mahayana et s’est développé en symbiose avec le Shintoïsme, un de culte indigène toujours très présent qui glorifie la nature et les divinités ancestrales (parfois assimilées comme des manifestations de Bouddha). Au Pays du Soleil Levant, c’est à partir du XIIe siècle qu’apparaissent deux écoles majeures : la Terre pure et le Zen. Le Zen est fondé sur la méditation et voit le salut comme intérieur (il ne dépend que de soi, de sa force propre), la Terre pure est bâtie sur la dévotion et considère qu’il est extérieur (il ne résulte que de l’intervention du Bouddha Amida ou Amitābha, Bouddha de la Béatitude). Le Zen, pratique bouddhiste qui domine au Japon, délaisse les spéculations métaphysiques et pratiques ritualistes au profit de la concentration intérieure, de l’expérience intuitive. Le Zen considère que l’acquisition de la sagesse est au-delà de toute rationalité ; enfouie dans notre inconscient, elle apparaît aux esprits sereins. Ici, il faut se rendre absolument à Nara voir le Todai-ji et son Bouddha Daibutsu, à Kyoto pour s’émerveiller devant les Pavillons d’Or et d’Argent, méditer au jardin zen du Ryoan-ji, au Mont Koya pour se recueillir dans ses temples et monsatère Shingon et dans  l’Okuno-in…

Procession de moines zen à Nara devant le Todai-ji

Procession de moines zen à Nara devant le Todai-ji

Naviguons jusqu’en Asie du Sud-Est et abordons le Vietnam, qui est un peu une transition entre le Grand et le Petit véhicule. Le Mahayana est le plus répandu, sauf du côté du delta du Mékong. Le Bouddhisme cohabite depuis toujours avec le culte des ancêtres qui est pratiqué à domicile. Il était en perte de vitesse du XVIIe au XIXe siècle, mais il reprit du poil de la bête à l’époque coloniale, en réaction à la colonisation de l’Indochine.

En Asie du Sud-Est, le Bouddhisme s’est implanté dès le début de notre ère. La tradition Theravada est prédominante dans cette région du monde comme en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge… Comme dans la plupart des pays d’Asie, le Bouddhisme se mêle aux croyances locales, qu’il a le plus souvent incorporées. Les gens continuent de se tourner vers les divinités locales pour leurs petites misères et tracas quotidiens et vers Bouddha pour leurs questions existentielles.

Moine Bouddhiste à Angkor Vat au Cambodge

Moine Bouddhiste du Petit véhicule

Ainsi, en Birmanie, 85 % des gens suivent les préceptes du Bouddhisme Theravada… tout en continuant de faire des offrandes aux Nats (les esprits). Au « Pays d’Or » le Bouddhisme reste très présent dans la vie quotidienne comme sur ses pagodes couvertes d’or. Certains de ces sites font partie des plus beaux monuments bouddhiques du monde. Il faut absolument aller admirer les quatre Shwe, des pagodes d’or fondées à l’époque de Bouddha, dont la sublime Schwedagon de Rangoon, l’un des plus grandioses monuments du monde, mais aussi Bagan, fabuleux site comprenant plus de 2 000 monuments, dont le temple d’Ananda disciple du Bouddha, qui fut un phare du Bouddhisme du XIe aux XIVe siècle et point de rencontre de commerçants, diplomates, bonzes, savants… et bien sûr, Mandalay, la ville symbole du Bouddhisme, avec ses 150 monastères et 70 000 moines, sans oublier l’étonnant Rocher d’Or, perché à 1 000 m d’altitude au bord d’un précipice, la grotte aux 8 094 Bouddhas, à l’atmosphère envoûtante…

 Bagan en Birmanie

Le fabuleux site de Bagan en Birmanie est le site bouddhique le plus vaste du monde.

Au Cambodge, le Bouddhisme Theravada devint religion d’État dès le XIIIe siècle, et le resta jusqu’en 1975 (mâtiné d’animisme). On y trouve bien sûr Angkor Wat, site monumental s’il en est! Il fut la capitale des rois khmers du IXe aux XVes siècles, voués au départ aux divinités hindoues, il intègre également des monuments bouddhiques, tels que le temple du Bayon. Ses ruines constituent l’un des plus grands ensembles architecturaux du monde.

Angkor Wat au Cambodge

Temple principale du site Kmer d’Angkor, Angkor Wat au Cambodge

Il y a encore de nombreux pays où le Bouddhisme est présent comme en Indonésie. Dès le IIIe siècle apr. J.-C., il fut florissant sur Java au temps de la dynastie Sailendra (du VIIIe aux Xe siècle), il a ensuite pratiquement disparu au profit de l’Islam, laissant tout de même sur l’île quelques cultes syncrétiques et le plus grand monument bouddhique du monde : Borobudur, étrange structure pyramidale en gradins, surplombée d’un cercle, qui serait issu de la transformation au VIIIe siècle d’une pyramide hindouiste en stupa bouddhiste. Elle est complétée par plus de 2 000 images et bas-reliefs. Ni un temple, ni un sanctuaire, Borobudur serait un « mandala de pierre » destiné à favoriser l’ascension vers l’Éveil, en gravissant physiquement les niveaux, selon un code précis, le fidèle se détache progressivement du monde des désirs et des apparences et s’élève spirituellement.
Borobudur à Java

Le temple de Borobudur à Java, le plus grand temple bouddhiste au monde

 

Planète Découverte vous fait voyager en Asie  dans les magnifiques constructions que les Hommes ont faite en l’honneur de Bouddha du Tibet à l’Indonésie

« Le sentier est unique pour tous, les moyens d’atteindre le but varient avec chaque voyageur.  »   Proverbe tibétain

Petits Bouddhas à Miyajima au Japon

Petits Bouddhas à Miyajima au Japon

Bon voyage avec nous.

Pierre

 

Circuit du Tibet au Népal, sur la route de l’Amitié !

Circuit du Tibet au Népal, sur la route de l’Amitié !

 

Au Tibet avec Planète Découverte.

Circuit du Tibet au Népal, sur la route de l’Amitié où j’accompagnais un groupe de Planète Découverte.  

(1ere partie)

 

1ére étape : Où nous découvrons Lhassa.

Nous sommes arrivés au Tibet par le train le plus haut du monde, après 24 heures de trajet à travers les monts et plateaux de Xining à Lhassa. Avant cela, nous avions traversé la Chine, visité Pékin, la Grande Muraille, l’armée enterrée de Xi’an, les Bouddhas de Bingli Si et j’en passe…

Une des grandes attentes du voyage était ce que nous découvrions ce matin de septembre : Lhassa, la capitale historique du Tibet qui, malgré tous les « outrages » qu’elle a subis et continue de subir, reste toujours aussi magique, à l’image de son imposant Potala.

Potala, Palais du Dalaï-lama à Lhassa

Potala, Palais du Dalaï-lama à Lhassa

Nous nous sommes installés pour quelques jours à Lhassa dans un hôtel plein de charme qui fut d’ailleurs l’ancien Ambassade du Népal. L’hôtel est situé dans le quartier Barhkor à quelques pas du temple du Jokhang (cœur et âme du Tibet) où, malgré les contrôles très sévères, les interdits et les travaux de «rénovation», les tibétains viennent toujours effectuer immuablement le Kora, le pèlerinage rituel tout autour du temple en psalmodiant, en faisant tourner les moulins de prière ou en se prosternant. Ce spectacle est assez étonnant, mais surtout très émouvant.

Pèlerins se prosternant devant le Jokhang

Pèlerins se prosternant devant le Jokhang

Notre objectif, après ces quelques jours dans la vallée de Lhassa, était de rejoindre le Népal par la route. Pour cela, il nous faut emprunter la « Route de l’Amitié » (ou freindship higway ou Arniko Rajmarg) qui rejoint ces deux villes mythiques que sont Lhassa et Katmandou, distantes de 920 km.  C’est une des routes légendaires de notre planète et une des plus spectaculaires au monde. Elle traverse l’Himalaya en franchissant trois cols à plus de 5 000 m d’altitude (Gyatso La : 5 260 m, Lalung La : 5 050 m, Tong La : 5 150 m), tout cela dans des paysages grandioses! Elle offre, en plus, un itinéraire touristique remarquable du Tibet tant pour son intérêt culturel que pour la beauté des paysages, c’est aussi une route commerciale fort importante.

 

2e étape : Où l’on rencontre  les origines du peuple tibétain.

Nous nous sommes lancés sur la route de l’Amitié, grâce à notre minibus et son chauffeur tibétain Norbu. Après quelques kilomètres, nous longeons le majestueux fleuve Yarlung  ཡར་ཀླུངས་གཙང་པོ་« eau de neige » en tibétain, qui prendra ensuite le nom de Brahmapoutre « fils de Brahmâ » en Inde.

Majestueux fleuve Yarlung, du Tibet au Népal, sur la route de l'Amitié

Majestueux fleuve Yarlung, du Tibet au Népal, sur la route de l’Amitié

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vallée du Yarlung que nous traversons est considérée par les tibétains comme le berceau de leur civilisation et d’après ce que je me suis laissé dire, c’est ici qu’une démone et un grand singe engendrèrent les premiers Tibétains! Plus loin, l’ancien Palais Royal des premiers rois du Tibet, le Yumbulagang nous apparut, féérique depuis son promontoire escarpé. C’est ici que les premiers rois du Tibet trouvent leur origine qui remonterait au IIe siècle av. J.-C. De palais, il devient un monastère dédié au Bouddha Sâkyamuni, le fondateur du Bouddhisme sous le règne du Vème Dalaï-Lama. Aujourd’hui encore, il domine la vallée depuis son piton rocheux et servirait même comme lieu d’observation pour l’armée chinoise pour surveiller la vallée.

Palais du Yumbulagang

Palais du Yumbulagang

Nous sommes ensuite allés à   Samye, premier monastère du Tibet datant du VIIIe siècle, qui a pour originalité d’être construit dans 3 styles d’architecture différents, 1erétage en style indien, le second en style Han (Chinois) et le 3éme en style tibétain, le tout formant et symbolisant le Mont Meru (le centre de l’univers pour les Bouddhistes et les Hindouistes!).

Monastère de Samye

Monastère de Samye

 

3éme étape : Où l’on tente la conquête de notre premier 5000, en minibus, mais tout de même !

Mais avant le 5000, il y a le col de Kambala (4797m d’alt.) avec une vue époustouflante (surtout par cette altitude!) et hallucinante (mais pas lié seulement aux effets l’altitude!) sur le lac Yamdrok- tso  ཡར་འབྲོག་གཡུ་མཚོ. Le lac nous apparait comme un mirage après une longue montée sur une route très raide avec de nombreux lacets à travers les paysages de haute montagne à la fois aride et grandiose.

Lac Yamdrok vu du col de Kambala (4979 m d'altitude)

Lac Yamdrok vu du col de Kambala (4979 m d’altitude)

Le Yamdrok-Tso est un des 3 grands lacs sacrés du Tibet, né de la transformation d’une déesse en eau douce, mais aussi de la neige qui ruisselle des hauts sommets himalayens. Après ce moment d’émerveillement, nous redescendons vers le lac qui, par beau temps (et il faisait beau ce jour-là), prend une couleur turquoise. Il mesure 72 km de long et se trouve à 4488 m d’altitude avec pour horizon les pics enneigés de l’Himalaya! Petit arrêt pour « toucher » le lac et se tremper les pieds dans ses eaux magiques, qui ne sont curieusement pas si froides que ça!  On pourrait presque se baigner si l’on ne craignait pas la colère des dieux et déesses qui n’aiment pas que les mortels s’y baignent!

Lac Yamdrok

Lac Yamdrok

Nous continuons donc notre route, le long de ce superbe lac de haute altitude. Quand tout à coup, pour éviter une voiture qui arrivait en face et du même côté de la route que nous, le chauffeur donne un coup de volant et ne peut éviter un des gros trous que l’on trouve sur ces routes tibétaines qui résistent aux efforts des ponts des chaussées chinois pour aplanir les routes (au Tibet chacun résiste à sa façon !). Résultat de ce petit coup de volant, le radiateur est percé! Nous nous retrouvons sur le bord de la route, avec un minibus qui fuit lamentablement! La mécanique nous trahit alors nous employons la technologie moderne pour nous sortir de là! Le guide prend son téléphone portable et appelle un autre chauffeur qui va venir avec un autre minibus, mais dans plusieurs heures! Nous décidons de faire du stop pour le prochain bourg afin d’y attendre le nouveau bus dans une auberge ou un restaurant.

Lac Yamdrok, sur la route de l'Amitié

Lac Yamdrok, sur la route de l’Amitié

Nous attendons une vingtaine de minutes (après avoir essuyé les refus et le mépris de gros 4×4 chinois et de bus de touristes) quand une grosse voiture conduite par 2 Tibétains s’arrête. Après leur avoir fait comprendre notre situation, ils descendent leur chargement sur le bord de la route qu’un des 2 restera garder et nous embarquons à 12 à bord de cette voiture conçue pour 7 personnes…!

Le tibétain qui nous conduit est un homme souriant et jovial qui a l’air de s’amuser beaucoup à l’idée de transporter 11 Occidentaux entassés dans sa voiture. Tout le long du trajet (3/4 heure), il me raconta quelques histoires avec beaucoup de gestes, auxquelles je ne comprenais pas tout (!), mettra de la musique tibétaine, chantera, s’arrêtera de temps en temps pour saluer des gens ou pour montrer à ses amis son nouveau « chargement »! Nous finissons par arriver dans un gros village tibétain aux confins du lac nommé Nagacarze. Après avoir remercié chaleureusement notre hôte qui repartira en sens inverse chercher son collègue et son chargement laissé au bord de la route, nous nous installons dans un restaurant sympathique pour goûter les spécialités locales et attendre notre nouveau minibus. Le minibus finira par arriver, nous devrons tout de même passer la nuit-là dans un hôtel qui s’avéra très correct, car la police (chinoise) refuse que nous partions avant le lendemain pour des raisons que j’ignore toujours !

De cette journée, en plus de l’éblouissant lac Yamdrok, la rencontre avec ce généreux et sympathique chauffeur, je garde le souvenir d’un coucher de soleil hallucinant sur les montagnes qui culminent à plus de 7000 mètres depuis le village de Nagcarze. Cet incident malheureux nous a permis, comme souvent d’ailleurs, de vivre des expériences mémorables.

 

4ème étape : Où l’on va vraiment à la conquête de notre premier 5000 m., avec un nouveau minibus !

Dès l’aube, pour voir un lever de soleil sur l’Himalaya, car on ne s’en lasse pas, et après avoir pris le petit déjeuner, car il faut bien se restaurer, nous prenons la route vers le col de Karo-Là qui culmine à 5010, 5013 ou 5039 mètres d’altitude!? Les avis divergents, en tout cas il est à plus de 5000 mètres !

Col de Karo-La (5039 m d'altitude)

Col de Karo-La (5039 m d’altitude)

Nous franchissons (enfin!) le col sous le frais soleil matinal de septembre. On trouve au Tibet aux passages des cols ainsi qu’au sommet des montagnes, aux croisements des chemins, sur les toits des maisons, sur les ponts, sur les temples, bref dans tous les endroits « stratégiques », des petits drapeaux de prière. Sur ces petits morceaux de tissus sont inscrites des formules sacrées que les vents envoient directement vers les dieux.  Ici le spectacle est grandiose! De hautes montagnes enneigées, qui culminent à plus de 7000 mètres avec des glaciers qui descendent jusqu’à nos pieds, nous dominent et s’imposent à nous merveilleusement. Autour de nous, des yacks aux longs poils, pèsent nonchalamment et des dogues tibétains, gros molosses impassibles, nous regardent l’air quelque peu ahuri! Mais plus inconcevable pour nous, quelques Tibétains « survivent » ici dans des baraques misérables, ils ont la peau tannée par le soleil, les cheveux hirsutes et portent de longs manteaux en poils de yack râpés. Ils se dégagent de ces Tibétains, malgré le dénuement total dans lequel ils vivent, une impression de grande fierté.

Un glacier depuis le col de Karo-La

Un glacier depuis le col de Karo-La

 

 

Drapeaux de prière sur la route de l'Amitié

Drapeaux de prière sur la route de l’Amitié

Nous continuons notre route (car il faut bien continuer! c’est la loi des voyageurs), vers la ville tibétaine de Gyantsé (3 977 mètres d’altitude).

En arrivant à Gyantsé, on aperçoit son dzong (sa forteresse) qui domine la ville, il fut mis à sac pendant la révolution culturelle et reconstruite quelques années après, ainsi va l’histoire et les révolutions! Gyantsé est une des villes du Tibet où « l’influence » chinoise se fait le moins sentir.

 

Dzong (forteresse) de Gyantsé
Dzong (forteresse) de Gyantsé

Ce qu’il faut visiter absolument ici, c’est le monastère bouddhiste appelé Pelkor Chöde et surtout son fameux Kumbum, c’est ce que nous sommes allés faire bien sûr. Le monastère fait partie de l’école des bonnets jaune ou Gélugpa dont les chefs spirituels sont le Dalaï-Lama et le Panchen Lama.  Le Kumbum (qui signifie : 100 000 images), qui est le plus grand chortëm du Tibet, est grandiose et date du XVe siècle, en plus de contenir 77 chapelles réparties sur 6 étages couvertes de fresques fabuleuses qui sont sûrement l’œuvre d’artistes Newar (un peuple népalais). L’influence népalaise est frappante dans les yeux des Bouddhas qui sur les 4 faces en son sommet rappellent ceux de Katmandou.

Kumbum de Gyantsé

Kumbum de Gyantsé, sur la route de l’Amitié

C’est aussi ici qu’eut lieu une grande bataille entre un corps expéditionnaire Britannique et les Tibétains, car les Britanniques envahirent le Tibet en 1903, soit un peu moins de 50 ans avant les Chinois. C’est à cette époque que les Chinois commencèrent à « aider » les Tibétains avec peut-être quelques arrières pensées!? Le Dalaï-Lama (le XIIIe) dut s’enfuir pour trouver refuge en Mongolie puis … en Chine!

On trouve à Gyantsé, outre ce fabuleux Kumbum et de très beaux tapis tibétains typiques, de bons restaurants qui préparent de la succulente cuisine tibéto-népalaise, arrosé d’une «Lhasa beer, the beer from the roof of the world». C’est là que nous allâmes après la visite du monastère, et avant de continuer sur la route de l’amitié, à travers l’Himalaya en direction de Katmandou.

Sur la route de l'Amitié

Sur la route de l’Amitié 

 

 

 

 

A suivre …

 

 

 

 

Pier

« Voyage au Tibet, le train sur le toit du monde », de la Chine au Tibet.

« Voyage au Tibet, le train sur le toit du monde », de la Chine au Tibet.

Voyage au Tibet, le train sur le toit du monde », de la Chine au Tibet : récit de notre accompagnateur lors d’un Voyage au Tibet, le train Chine-Tibet, dit sur le toit du monde au Tibet.

Fierté de la Chine, ce train, terminé en 2006, qui relie Lhassa, capitale du Tibet, à Golmund, Xinning et même Pékin n’est pas d’accès facile pour les étrangers . Car il a pour destination le Tibet !

voyage au Tibet, train Chine-Tibet

Gare de l’ouest à Xining pour le train vers le Tibet. Photo d’Olivier sur notre circuit Chine-Tibet-Népal.

Et croyez-moi, obtenir le permis d’entrée (visa Tibet) pour un voyage au Tibet n’est pas une mince affaire !

Déjà, il faut être un groupe d’au moins 5 personnes (1) et de même nationalité s’il vous plaît.  Ensuite…on patiente pour avoir en mains le fameux visa chinois… Enfin, il faut contacter une agence chinoise qui voudra bien vous obtenir le permis de voyager au Tibet et lui fournir l’itinéraire prévu (et ne surtout pas en changer !) ainsi que le scanne  de votre passeport. Mais attention, ces démarches sont à prévoir 3 semaines voire un mois avant la date prévue d’entrée au Tibet.

Alors et seulement alors, vous pouvez acheter les billets de train (ou plutôt les faire acheter…). Ceux-ci sont désormais nominatifs et portent aussi votre numéro de passeport… comme souvent en Chine !

voyage au Tibet, train Chine-Tibet

Nouveau quartier de la gare de l’ouest à Xining. Photo d’Olivier sur notre circuit Chine-Tibet-Népal.

 

 

C’était en octobre avec mon groupe lors de notre voyage qui va de Pékin à Kathmandu, au Népal, en traversant le Tibet que nous avons pris le train à Xinning (chef-lieu de la province du Qinghai), à la nouvelle gare de l’ouest, rappelant curieusement un hangar plutôt qu’une gare,  noyée dans une multitude de tours de 30 à 35 étages qui font maintenant partie intégrante du paysage de cette ville.

Au premier contrôle, on vous demande votre billet et votre passeport ainsi que votre permis d’entrée pour voyager au Tibet ou une photocopie, si l’agence qui vous l’a obtenu est au Tibet.

Passage des sacs au détecteur (comme dans toutes les gares en Chine) puis direction la salle d’attente. On a accès au train environ 20 min avant son départ, après un dernier contrôle des papiers et surtout du fameux permis tibétain…

Enfin, nous pouvons nous installer dans nos couchettes dites «molles» (première classe) en opposition aux couchettes dites «dures» (seconde classe). Rien de bien spécial ici par rapport aux autres trains chinois si ce n’est une prise O2 au-dessus de chaque couchette.

voyage au Tibet, train Chine-Tibet

Yaks sur le plateau tibétain depuis le train vers Lhassa. Photo d’Olivier sur notre voyage Chine-Tibet-Népal.

Il y a aussi un wagon-restaurant (comme dans la plupart des trains chinois), ça peut servir, il faut 24h pour gagner Lhassa depuis Xining !!

Notre voyage en train vers le Tibet commence et le train monte assez rapidement en altitude, sans qu’on s’en rende compte. On découvre de belles dunes de sable gris et ensuite le majestueux lac Qinhai.

voyage au Tibet, train Chine-Tibet

Le majestueux lac Qinhai depuis le train qui va au Tibet. Photo d’Olivier sur notre voyage Chine-Tibet-Népal.

Le train le longe un bon moment avant de faire place à la steppe, qui rappelle celle de la Mongolie. La nuit approche, on se couche tôt.

voyage au Tibet, train Chine-Tibet

Sur le permafrost des plateaux tibétains, photo prise depuis le train qui traverse le Tibet. Photo d’Olivier sur notre voyage Chine-Tibet-Népal.

Au matin, le paysage est plus rude, froid, le permafrost est là, le train le plus haut de monde circule souvent surélevé. Le paysage gelé est magnifique, on est à une altitude de 4800m avec le passage d’un col à 5027m, c’est le Tibet !

On découvre des troupeaux de yaks, mais aussi de curieuses petites gazelles qui font penser à des vigognes de l’altiplano d’Amérique du Sud.

Les sommets enneigés font aussi leur apparition, spectaculaires, ils s’imposent maintenant en toile de fond…

voyage au Tibet, train Chine-Tibet

Village tibétain sur la ligne Xinning-Lhassa. Photo d’Olivier sur notre voyage Chine-Tibet-Népal.

On aperçoit des troupeaux de moutons, des villages tibétains, mais aussi des soldats saluant le train qui passe (!!!) à l’approche de Lhassa…

Voyage au Tibet, train Chine-Tibet

Soldat chinois saluant le train le plus haut du monde ! Photo d’Olivier sur notre voyage Chine-Tibet-Népal.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous arrivons à la gare de Lhassa au Tibet 24h et 1min après notre départ, personne n’a trouvé le temps long, tout le monde est ravi de cette expérience qui ne manquera pas de rester gravée dans nos mémoires un long moment, un moment fort de notre voyage au Tibet…

Vivez, vous aussi, cette aventure extraordinaire avec Planète Découverte et partez sur le toit du monde avec nos voyages au Tibet.

(1) depuis le 22 janvier 2013, le nombre de 5 personnes voyageant ensemble a été réduit à 3,les nationalité peuvent être maintenant mélangée suite à un communiqué du Tibetain Tourisme Bureau. (organisme qui délivre les permit de voyage au Tibet)

Olivier.