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Voyages au Kirgizistan

Sur les traces de Gengis Khan.

Sur les traces de Gengis Khan.

Sur les traces de Gengis Khan.                                                                                  

Gengis Khan

Gengis Khan

Planète Découverte vous propose des voyages en Asie centrale dans les steppes de Mongolie au départ de Pékin jusqu’au mythique Lac Baïkal ou de Bichkek au Kirghizistan jusqu’à la Grande Muraille, sur la Route de la Soie

Aller à la découverte de l’Asie centrale et de ses paysages grandioses, c’est aussi aller à la rencontre de ses peuples toujours imprégnés de l’esprit nomade. Des peuples qui se revendiquent encore de la descendance du légendaire Gengis Khan !

Sur la karakoram highway !

Sur la karakoram highway !

L’histoire de Gengis Khan (ᠴᠢᠩᠭᠢᠰ ᠬᠠᠭᠠᠨ, littéralement « souverain universel ») est celle d’un nomade devenu empereur qui réussit à unifier les peuples de l’immense steppe mongole.

Il naquit dans la vallée de l’Onon au Nord de la Mongolie actuelle en 1162 (selon les sources mongoles) et mourut en 1227 en Chine pendant qu’il livrait bataille aux Tangut (un peuple d’origine tibétaine). À sa mort, son empire s’étend de la Mongolie à une grande partie de la Chine et de l’Asie Centrale. Ses successeurs continueront d’agrandir son empire des rives du Japon au Danube afin d’en faire le plus vaste empire de tous les temps.

Sa vie telle qu’on la connait aujourd’hui et un mélange de réalités et de légendes !

Le loup bleu de Yasuhi Inoue.

Le loup bleu de Yasuhi Inoue.

Selon « l’Histoire secrète des Mongols » (la première œuvre littéraire de la culture mongole), on lui attribue des ancêtres mythiques : Gengis Khan serait le descendant d’un loup bleu et d’une biche fauve.

Sur son enfance et sa vie avant qu’il devienne un personnage historique, on ne connait que peu de choses. On sait cependant qu’il est né dans une tribu de nomades non loin de l’actuelle capitale de la Mongolie Oulan-Bator. Il est issu d’une famille noble, son père Yesügei était le chef du clan des Qiyat de la tribu Bordjigin, sa mère Hö’elün, issue de la tribu Merkit. Il reçoit à sa naissance le nom de Temüjin, « le plus fin acier ». Il serait né en tenant un caillot de sang dans son poing ce qui, dans la tradition mongole, indique que l’enfant est destiné à devenir un grand guerrier ! À l’âge de neuf ans, il est fiancé à Börte, du puissant clan des Onggirats. Suivant la coutume, il part vivre avec sa belle-famille afin de gagner par son travail le prix de sa fiancée ! Il est encore enfant quand son père est empoissonné, il doit alors s’enfuir pour ne pas être capturé par les meurtriers de son père. Il va vivre caché et misérable jusqu’en 1181, année où il épouse sa promise ; ce qui lui permet de retrouver un statut social et le soutien du clan de sa belle-famille.

Yourtes !?

Yourtes !?

Comme le dit sa légende, il est un puissant guerrier, mais également un habile politicien, deux qualités qui vont lui permettre de réaliser son grand projet d’unification des tribus mongoles. À cette époque, les 40 tribus mongoles sont déchirées par des guerres internes et divisées face à leurs rivaux, Turcs et Tatars. Grâce à ses alliances, il va se faire nommer Khan « celui qui commande » par une assemblée politique et militaire de notables Mongols appelée Güriltaï. Fort de ce titre il va entreprendre une série de guerres et de conquêtes.

Grande Muraille de Chine !

Grande Muraille de Chine !

En 1202, celui qui s’appelle encore Temüjin est vainqueur des Tatars, ce qui lui permet de dominer la Mongolie. Et, en 1206, le Güriltaï le proclame « Empereur », en mongol Tchingis Khagan « Souverain océanique » ou « Souverain universel ». C’est à partir de cette date que Temüjin acquiert le titre de « Gengis Khan » !

Entre 1203 et 1215, Gengis Khan lance des campagnes victorieuses en Chine contre la dynastie Xia et la dynastie Jin. Il envahit la Mandchourie, mais reste bloqué deux années près de la Grande Muraille avant d’en sortir victorieux. Il prend Pékin en 1215, mais refuse mystérieusement d’entrer personnellement dans la ville !

Yourtes au Kirghizistan

Yourtes au Kirghizistan

Ces campagnes aboutissent à un accord de paix par lequel l’empereur vaincu se soumet aux Mongols et promet d’associer ses troupes à celles de Gengis Khan. Dans le même temps, diverses tribus se rallient à Gengis Khan comme les Ouïghours, dont l’alphabet inspirera celui des Mongols (alphabet encore en usage actuellement).

Samarcande !

Samarcande !

Entre 1218 et 1221, l’empire mongol s’étend vers l’ouest de l’Asie Centrale jusqu’aux rives de l’Indus. Les hordes mongoles envahissent le royaume de Khwarezm, la Sogdiane et les villes historiques de Samarcande et Boukhara (actuellement Ouzbékistan, Tadjikistan et l’Afghanistan) puis l’Iran, où ils occupent les villes d’Ispahan et de Bagdad. C’est depuis l’Iran que Gengis Khan doit rentrer en Chine pour mater la révolte des Xia et des Jin, qui s’allient au peuple Tangut contre lui. Il va les vaincre et étendre son empire jusqu’au fleuve Jaune.

Gengis Khan meurt en 1227, les causes exactes de sa mort restent mystérieuses. Plusieurs hypothèses sont avancées, comme une banale chute de cheval lors d’une partie de chasse qui aurait terrassé le grand conquérant ou une blessure mortelle infligée par la veuve du souverain des Tanguts qu’il aurait forcé à devenir sa concubine !?

Karakorum !

Karakorum !

Son corps est ramené en Mongolie. Afin que le lieu de sa dernière demeure reste secret, son escorte tue tous témoins du cortège ; escorte qui est ensuite à son tour exterminée. Ce lieu n’a d’ailleurs pas été encore découvert même si les archéologues pensent qu’il est probablement enterré dans les montagnes de Burkhan Khaldun. Son mausolée situé à Ordos n’est en fait qu’un cénotaphe, comportant quelques objets lui ayant appartenu. Selon le choix de Gengis, ce sera son troisième fils Ögödei qui va lui succéder et continuer son « œuvre » !!!

Comme héritage, outre son empire, il laisse un recueil de lois mongoles appelées Yassa (un code politique, juridique et moral teinté de traditions ancestrales). Il est aussi à l’origine de l’écriture mongole et il établit des lois en faveur des femmes, comme l’interdiction d’enlever des femmes…

En Occident le nom de Gengis Khan est souvent synonyme de terreur et de cruauté. Quand on voyage en Mongolie, on s’aperçoit qu’il y a une incompréhension des Mongoles sur notre perception de sa brutalité. Ils pensent que les documents historiques écrits par des non-Mongols sont injustement trop sévères envers leur héros, qu’ils exagèrent sa barbarie et ses massacres en minimisant son rôle positif.

La perception de Gengis Khan varie beaucoup selon les peuples et les pays. Les différents peuples Turkmènes (Kazakhs, Kirghiz) revendiquent son héritage. Plus étonnant, à l’arrivée au pouvoir du Parti communiste, la Chine a fait de Gengis Khan un héros national, dans le but de justifier la sinisation des Mongols de la province de Mongolie extérieure !

Yourtes dans la steppe mongole!

Yourtes dans la steppe mongole!

En Mongolie, après le bannissement de son nom par le gouvernement communiste pro-soviétique qui craignait un regain de ferveur nationaliste, il est depuis les années 1990 redevenu le grand héros national. Il est à la fois le Père de la Nation, mais aussi le père des traditions (le mariage, l’écriture) et donc le protecteur et garant de l’identité Mongole. Les Mongols appellent souvent leur pays « la Mongolie de Gengis Khan », et Gengis Khan « le père des Mongols » ! Plusieurs lieux sont nommés en son honneur : de nombreuses rues, immeubles, parcs… le principal aéroport du pays à Oulan-Bator a été rebaptisé aéroport international Gengis Khan. Une immense statue le représentant a été érigée devant le parlement. On peut aussi voir son portrait sur des bouteilles de vodka ainsi que sur les billets de 500, 1 000, 5 000 et 10 000 tugriks.

Nous vous proposons d’aller vérifier tout cela sur place, de partir avec Planète Découverte sur les traces de Gengis Khan, de nous suivre en Mongolie, au Kirghizistan, en Chine.

Cavaliers Kirghizes !

Cavaliers Kirghizes !

Pour une découverte du fabuleux passé mongol de la Chine du Nord à la Sibérie orientale, de Pékin, l’ancienne Khanbalik dont Kubilai Khan (un des petits fils de Gengis Khan) fera sa capitale, à la légendaire cité de Karakorum fondée par Gengis Khan lui-même. Un voyage à travers les steppes mongoles et le désert de Gobi pour rejoindre la Taïga sibérienne qui entoure le fabuleux lac Baïkal.

Ou partir sur la route de la Soie pour effectuer un voyage fascinant du Kirghizistan (ou Kirghizstan) à la Chine ! Pour aller admirer des paysages à couper le souffle, rencontrer des groupes ethniques authentiques (Kirghizes, Ouigours, Tibétains, Huis…) découvrir de sites culturels aussi importants qu’impressionnants (Tash Rabat, les grottes bouddhiques de Mogao, l’armée enterrée à Xian, la Grande Muraille …).

 

Pierre

Saveurs venues d’Asie !

Saveurs venues d’Asie !

Saveurs venues d’Asie!

Quelle est le lien entre un lā miàn mangé dans le marché de nuit de Hézhèng Lù à Lanzhsou, un Thukpa dégusté au Tashi de Lhassa, un ramen englouti dans un Yataï de Hakata, un tsuivan dévoré dans un guanz à Oulan Bator, un Jajangmyeon savouré dans un Sikdang de Séoul, un mie goreng ingurgité dans un warung de Java  ou encore un pho avalé dans Cam Chi à Hanoï?

Les nouilles bien sûr !

 

Les nouilles sont très présentes dans toutes les cuisines d’Asie. Le plus souvent elles sont fabriquées avec de la farine de blé dur ou tendre, de riz, de riz glutineux, mais également de soja vert (haricot mungo) ou même de patate douce.yunnan

 

Mais d’où viennent les nouilles, et qui les a inventées ?

En 2005, des scientifiques de l’Académie des sciences de Pékin ont découvert sur les rives du Huang He appelé aussi fleuve Jaune (nord-ouest de la Chine) les plus anciennes nouilles du monde ! Selon la datation au carbone 14, elles seraient anciennes de plus de 4 000 ans. Elles sont faites à base de deux types de millet. Cette découverte a ravivé le vieux débat sur l’origine des nouilles revendiquée par les Italiens, les Arabes et les Chinois ?! Le professeur chinois Lu Houyuan semble avoir la réponse, il a déclaré à la BBC :  » Lajia (le site chinois où furent découverte les plus anciennes nouilles) est un emplacement très intéressant ; d’une certaine manière, c’est le Pompéi de la Chine. Notre découverte indique que les nouilles ont été produites la première fois en Chine« .

L’intérêt de cette découverte semble avoir mis fin au débat sur l’origine des nouilles et des pâtes alimentaires. Elles ne sont à l’origine ni italiennes, ni arabes, mais bel et bien chinoises !

Une légende tenace veut que ce soit Marco Polo qui les aurait importés en Italie à son retour de Chine en 1295 !? En réalité il n’en est rien, les historiens l’ont prouvé. Il parait même que ce mythe aurait été inspiré par un publicitaire des années 1920, qui ce serait servi du grand explorateur vénitien pour promouvoir des marchandises !

Caravane sur la Route de la Soie

Caravane sur la Route de la Soie

En Chine, on les appelle Miàntiáo (面条), au Japon Nūdoru (ヌードル), au Vietnam , en Mongolie goimon (гоймон), en Corée nudeul (누들) …

Mais d’où vient le terme nouille ou noodle employé en Occident ? Le terme serait emprunté à l’allemand nudel, lui-même d’origine incertaine (peut-être du latin nodus). En allemand, il est attesté vers le XVIe siècle, et repris par les Anglais au XVIIIe siècle pour donner noodle. Le terme français s’est écrit noudle ou nudeln au XVIIIe puis nouilles au pluriel dès la fin du XVIIIe.

 

Mais allons à l’essentiel, parlons un peu gastronomie !

Commençons par les inventeurs: les Chinois! La cuisine chinoise utilise une grande variété de nouilles. Mian (面) sont les nouilles de blé alors que fen (粉) sont celles de riz. Contrairement aux pâtes italiennes, les nouilles chinoises sont préparées avec de la farine et non de la semoule. La matière première est bien sûr liée à leur origine géographique : le blé dans les régions céréalières et le riz là où la riziculture domine.

Il existe en Chine des restaurants spécialisés dans les nouilles faites à la main sans aucun outil de découpe, elles sont appelées lā miàn ce qui signifie « nouilles étirées ». À partir de farine de blé, elles sont étirées et repliées environ sept fois jusqu’à obtention d’une unique pâte longue et fine, qui sera ensuite jetée dans un bouillon aromatisé et accompagnées de viande séchée, de cacahuètes et d’épices pour être dégustées dans un bol. L’ethnie chinoise musulmane Hui est la grande spécialiste de cette technique culinaire.

Lā miàn mangé dans le marché de nuit de Hézhèng Lù à Lanzhsou !

Lā miàn mangé dans le marché de nuit de Hézhèng Lù à Lanzhsou !

Les provinces de Shandong ou de Shanxi ont pour tradition les nouilles au couteau appelées Dao Mian qui sont faites à base de farine de riz. On enroule les nouilles sur elle-même puis on fait sauter des copeaux directement dans l’eau bouillante, à l’aide d’un couteau à légumes et une fois cuites, les nouilles sont sautées dans un wok avec la garniture (légumes, viandes…).

 

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Petit restaurant de nouilles au Japon!

 

Au pays du Soleil levant, les nouilles sont également très cuisinées. On en retrouve une grande variété (men, 麺) qui vont donner diverses préparations (men-rui, 麺類). Il faut dire que la plupart des nouilles japonaises sont d’origine chinoise, importées par un prêtre bouddhiste au XIIIe siècle. Parmi les plus répandues, on peut citer les udon (饂飩) nouilles blanches et épaisses à base de farine de blé tendre (froment) servies, soit froides sur un plat, soit en soupe; les soba (蕎麦) nouilles fines de sarrasin de couleur brune servies comme les udon; les sōmen (素麺) nouilles de blé fines et blanches servies froides sur de la glace en été ; les rāmen (ラーメン) fines nouilles mangées en soupe chaude dans un bouillon à base de poisson ou de viande souvent assaisonnées au miso ou à la sauce soja et accompagnés d’excellents petits ravioli appelés gyoza (ぎ ょ う ざ) et enfin les hiyamugi (冷麦) fabriquées comme les somen et servies froides en été.

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Ramen englouti dans un Yataï de Hakata !

 

En Mongolie, la cuisine est assez simple. La nourriture provient principalement des animaux, que ce soit pour leur viande, leur gras ou les laitages qu’ils produisent. Mais il y a aussi des céréales comme du millet, de l’orge et du blé, donc la possibilité de faire des nouilles ! On peut y manger des raviolis appelés khuushuur (ᠬᠤᠤᠱᠤᠤᠷ/хуушуур) à base de farine de blé, fourré de viande de mouton, de yak ou de bœuf, voire de chèvre et frit dans l’huile ou des buuz (ᠪᠤᠤᠵᠠ/бууз) également fourrés à la viande de mouton ou de bœuf, aux oignons ressemblant au jiaozi chinois. Il y a aussi un plat de nouille nommé tsuivan (ᠴᠤᠶᠢᠪᠢᠩ/Цуйван), avec de la viande, du gras de viande et, chose rare en Mongolie, quelques légumes (carottes, poivrons…).

Tsuivan dévoré dans un guanz à Oulan Bator !

Tsuivan dévoré dans un guanz à Oulan Bator !

 

La cuisine vietnamienne repose sur des mélanges d’herbes et d’épices originales, ainsi que sur des méthodes de cuisson dont le condiment principal est le nuoc-mâm. Elle est diverse et variée en fonction des inspirations des minorités ethniques nombreuses de ce magnifique pays. Eux aussi ont été inspirés par les nouilles ! Dans le Nord on peut savourer des Bún, des nouilles blanches qui accompagnent les boulettes et les grillades de poitrine de porc avec des herbes aromatiques et des légumes marinés et du Mì xào, des nouilles de blé frites avec garnitures variées. Dans le Centre, on trouve une cuisine inspirée par le peuple cham, par exemple du Bún bò Huế, une soupe de nouilles au bœuf, spécialité de la ville de Huế comme son nom l’indique. Et dans le Sud du pays, une cuisine influencée par la cuisine chinoise et thaïlandaise, comme le Bánh cuốn, des raviolis au porc haché et champignons noirs. Et bien sûr, du phở ou soupe tonkinoise, le plat national vietnamien qui peut se consommer à tout moment de la journée avec des nouilles (de riz)!

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Pho avalé dans Cam Chi à Hanoï !

 

La cuisine coréenne est reconnue pour la variété et la qualité de sa cuisine qui se distingue de celles des pays voisins comme le Japon et la Chine et, même si les nouilles y sont moins présentes, on en rencontre aussi ! La cuisine coréenne utilise beaucoup de piment et surtout l’incontournable kimchi (김치), ainsi qu’une grande variété de légumes, fruits de mer, légumes sauvages, etc.  Avec des nouilles, il y a le Japchae (잡채), un plat à base de nouilles de patate douce, mélangées à des poivrons, carottes, graines de sésame, oignons, bœufs, et lentin du chêne, assaisonnées de coriandre, d’huile de sésame et d’une sauce pimentée, le tout peut être servi chaud ou froid ; le Jajangmyeon (자장면)un plat populaire  « nouilles en sauce frite » avec une sauce noire à base de haricots de soja fermentés; le Kalguksu (칼국수), des nouilles fraîches dans un bouillon de viande, servies froides dans un bouillon froid avec de fines tranches de concombre, ou chaudes avec du bouillon de bœuf et des lamelles de courgettes ; le Mandu (만두) très proche des raviolis chinois (jiaozi), ils peuvent avoir des aspects très différents, de contenus divers (viande de bœuf mélangée avec du tofu frais) ou avec différents types de kimchi. Comme en Chine, ces plats sont frits, bouillis ou cuits à la vapeur, selon les goûts.

Jajangmyeon savouré dans un Sikdang à Séoul

Jajangmyeon savouré dans un Sikdang à Séoul !

 

Au Tibet, la cuisine traditionnelle se distingue en raison de son isolement géographique et de l’aridité de ses sols. Peu de plantes poussent à une altitude moyenne de 4 000 m, mais on trouve de l’orge, avec laquelle on fait la tsampa, la farine d’orge grillée, l’aliment de base du Tibet. La tsampa est utilisée pour faire des momos, des raviolis fourrés cuits à la vapeur ou frits, également du Thupka, un mot tibétain qui définit les soupes ou ragoûts combinés avec des nouilles. On trouve aussi du Thupka au Népal

Thukpa dégusté au Tashi de Lhassa

Thukpa dégusté au Tashi de Lhassa !

 

LIndonésie n’est pas en reste pour les nouilles, avec son fameux mie goreng ou bami goreng (en Malaisie mee goreng) ce qui signifie « nouilles frites ». Plat à base de nouilles jaunes frites dans l’huile avec de l’ail, de l’oignon ou des échalotes, des crevettes, du poulet, du porc, du bœuf ou des bakso (boulettes de viande), du piment, du chou ou du chou chinois, des tomates, divers autres légumes et des œufs.

un mie goreng ingurgité dans un warung de Java

Mie goreng ingurgité dans un warung de Java

 

Pour terminer ce tour d’Asie de la nouille, il faut aussi parler des nouilles instantanées qu’on trouve partout en Asie. Il y a même un musée dédié aux nouilles instantanées à Yokohama au Japon. Il a été créé dans le but de faire connaître « les pensées créatives » qu’avait Ando Momofuku, l’inventeur japonais des nouilles instantanées (« Chicken Râmen »). Il s’agit non seulement d’un musée, mais aussi un espace où les visiteurs peuvent fabriquer leurs nouilles.

 

Planète Découverte vous fait voyager en Asie : en Chine, au Tibet, en Corée, au Japon, en Indonésie, au Vietnam (bientôt en Mongolie !!!) … pour (notamment !!!) déguster des nouilles succulentes et bien d’autres mets et saveurs de l’Asie.

« Pour bien aimer un pays, il faut le manger, le boire et l’entendre chanter ».Michel Déon

Un marché flottant au Vietnam.

Un marché flottant au Vietnam.

 

Bon appétit !  Wèikǒu hǎo 胃口好 !  Yoi shokuyoku 良い食欲Joh-eun sig-yog좋은 식욕 ! 

Napsu apik ! Ngon miệng  ! Sain duraaraa сайн дураараа ! 

Pierre

Sur la Grande Muraille de Chine.

Sur la Grande Muraille de Chine.

Sur la Grande Muraille de Chine.

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La Grande Muraille de Chine dans la région de Jinshanling.

La Grande Muraille de Chine (长城) Chángchéng en mandarin (littéralement la « longue muraille ») est surnommée par les Chinois « La longue muraille de dix mille li » (le « li » étant une unité de longueur et dix milles symbolisant l’infini en chinois!).

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Sur la Grande Muraille de Chine !

Inscrite depuis 1987 au patrimoine mondial de l’UNESCO comme « valeur universelle exceptionnelle », elle est encore aujourd’hui le plus grand édifice jamais construit par la main de l’Homme. Sa largeur varie entre 5 et 7 mètres en moyenne et sa hauteur entre 5 et 17 mètres, par contre sa longueur est sujette à controverse! Elle varie selon les sources, car elle n’est pas une seule entité linéaire bien définie d’Est en Ouest.

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La Muraille à travers les montagnes et forêts !

Le China Daily (un quotidien chinois en anglais) a indiqué dernièrement avec une précision extrême qu’elle s’étendait sur 8 851,8 kms, soit sur une longueur de plus 2000 kms que les 6 700 kms jusque-là communément admis (cette dernière étude comptabilise la totalité des murs bâtis). Et, selon l’UNESCO, elle mesurerait dans sa totalité plus de 20.000 kms, cette estimation prend en compte des parties actuellement détruites et les défenses naturelles.

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La Grande Muraille à Mutianyu.

En effet, la Muraille ne se compose pas seulement de murs bâtis de main d’Homme, mais aussi de barrières naturelles comme des montagnes ou des rivières. Les parties fortifiées sont construites de différents matériaux selon la géographie et les ressources des contrées traversées. Par exemple, dans la province du Gansu on peut observer des tronçons en terre encore aujourd’hui bien conservés, alors que dans les montagnes au Nord Est de Pékin ce sont des tronçons en pierre de taille et en briques maçonnées qui ont rendu son image célèbre dans le monde entier.

Pour la construire furent utilisés 180 millions de mètres cubes de terre pour former le cœur de l’ouvrage et surtout plus de 500 000 soldats, 300 000 esclaves et prisonniers politiques. Elle a aussi été faite avec le sang des Hommes, car lorsqu’un esclave mourrait il était enterré à même les fondations du mur, elle serait donc le plus grand cimetière du monde.

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La Grande Muraille à Jiayuguan.

Géographiquement, elle s’étire entre à l’est la ville de Shanhaiguan sur le bord de la mer Jaune (Golfe de Bohai) et à l’ouest Jiayuguan dans la province du Gansu à la porte du désert de Gobi. Elle serpente le long de 17 provinces, régions automnes et municipalités, elle franchit de hautes montagnes et les sables du désert de Gobi dans le Xinjiang.

Historiquement, c’est vers 220 av. J.-C. que l’Empereur Qin Shin Huang de la dynastie Qin entreprit de réunir des tronçons de fortifications existants pour en faire un système défensif. Sa construction se poursuit sur une période de 2500 ans, sous les dynasties Han, Yuan, Ming et Qing, jusqu’à la fin du XVIIe siècle. La Grande Muraille est une gigantesque construction militaire destinée avant tout à être un poste de surveillance. Elle était ponctuée de tours de guet réparties sur des points élevés tous les 20 ou 30 kilomètres qui permettaient aux guetteurs de donner l’alerte en allumant des brasiers pour ainsi de prévenir la venue d’une troupe ennemie.

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Fort de Jiayuguan fin occidentale de la Muraille!

Mais elle ne fut jamais une ligne de défense impénétrable ni un même un obstacle, au XIIIe siècle elle n’arrêta pas les hordes de cavaliers mongoles, ni quelques siècles plus tard l’armée Manchou et encore moins les « barbares » européens au XIXe siècle! L’Histoire nous a appris que les murs n’ont jamais servi à grand-chose, elles sont des leurres pour faire peur aux soi-disant « barbares », rassurer abusivement les sujets et surtout asseoir les pouvoirs des différents Empereurs ou Rois qui grâce à eux donnaient un signe de puissance! Et comme disait Isaac Newton « Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts ».

À plusieurs reprises, la Grande Muraille a été partiellement détruite puis reconstruite. Mao Zedong encouragea à utiliser ses pierres et briques pour construire des infrastructures modernes (routes, barrages …), car au XIXe siècle elle représentait pour les Chinois une œuvre de tyrans. Elle tomba à l’abandon, des pans entiers s’effondrèrent, mais en 1948 Deng Xiaoping lance le slogan « Aimons notre Chine, relevons notre Grande Muraille », faisant d’elle un symbole d’unité et de modernité.

Aujourd’hui des travaux sont régulièrement menés pour préserver cet édifice étroitement lié à l’Histoire de la Chine dans un but de conservation du patrimoine, et aussi dans un but d’attrait touristique.

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Richard Nixon la gravit en 1972 lors de son séjour en Chine et aurait déclaré: « c’est assurément un grand mur » !

Contrairement à une idée reçue, cette construction n’est pas visible depuis la lune! Cette légende serait partie d’un antiquaire anglais du XVIIIe siècle (!), William Stukeley, qui imagine dans une lettre: « Le mur d’Hadrien n’est dépassé que par la muraille de Chine, qui dessine une formidable figure sur le globe terrestre, et pourrait bien être visible depuis la Lune. » L’idée est reprise dans les siècles suivants par de nombreux auteurs et l’idée devient mythe… Il faut attendre juillet 1969 et Neil Armstrong pour avoir enfin la réponse et affirmer « n’avoir jamais pu identifier la muraille de Chine » !

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Caravane ou illusion d’optique !!!

Par contre depuis l’espace, le sujet fait polémique ! D’après l’astronaute américain Leroy Chiao, qui a passé 6 mois dans la station spatiale internationale, elle est visible depuis l’espace par beau temps et à l’œil nu. Cette information a fait la une du quotidien « China Daily », contredisant ainsi le taïkonaute (cosmonaute chinois) Yang Liwei qui avait assuré, lors de son séjour spatial en 2003, n’avoir vu aucune trace de la muraille !? Mais parait-il figure également à la liste des grandes réalisations humaines que l’on peut apercevoir depuis l’espace : les digues des Pays-Bas, les pyramides d’Égypte et, de source chinoise, le troisième périphérique de Pékin… !? En fait tout dépend de la distance à laquelle on observe la terre depuis l’espace !

Un proverbe chinois, dit « Celui qui n’a pas gravi la grande muraille n’est pas un brave » ! Nous ne pouvons que vous conseiller vivement de devenir un brave et d’aller voir de visu la Grande Muraille de Chine. C’est un des spectacles les plus fascinants que l’on trouve sur notre Planète, elle offre un exemple parfait d’architecture intégrée au paysage. Et comme aimait à dire la grande voyageuse Ella Maillart : « Après tout, il faut aller voir »…

 

Pierre

Sur la Grande Muraille de Chine

 

Planète Découverte sur la Route de la Soie

Planète Découverte sur la Route de la Soie

Planète Découverte  sur la Route de la Soie

Caravane sur la Route de la Soie

Caravane sur la Route de la Soie

Aucun autre voyage au monde n’a autant fait rêver, que la Route de la soie!

Route mythique par excellence, elle doit cette dénomination de « route de la soie » à Ferdinand Von Richthofen, un géographe allemand du XIXe siècle. Elle désigne un réseau ancien de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe qui reliait la ville de Chang’an (actuelle Xi’an) en Chine à la Turquie. Son nom provient de la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie, dont seuls les Chinois connaissaient le secret de fabrication.

Ispahan, ancienne Perse

Ispahan, ancienne Perse

Mais la soie ne représentait qu’une faible partie du commerce effectué et cette « route » permit pendant des siècles de nombreux échanges. Les caravanes qui partaient vers l’Orient emportaient de l’or, des pierres et des métaux précieux, des textiles, de l’ivoire et du corail, alors que celles qui allaient en Occident étaient chargées de fourrures, de céramiques, d’épices et d’armes en bronze.

Caravansérail sur la route de la Soie en Iran

Caravansérail sur la route de la Soie en Iran

 

 

Elle servit aussi à l’échange de technologies, comme la fabrication du papier venu de Chine. Par elle transitèrent également des idées philosophiques, religieuses et artistiques, véhiculées par les hommes qui accompagnaient les caravanes. Ainsi, elle amena le nestorianisme, le manichéisme, le bouddhisme et l’islam en Asie centrale et en Chine.
Elle fut donc un formidable instrument d’échange international qui lia entre eux un ensemble de peuples très divers qui vivaient auparavant isolés et qui purent s’ouvrir au monde extérieur grâce à elle.

Pagode de l'Oie sauvage à Xian, fin où début de la Route de la Soie!

Pagode de l’Oie sauvage à Xian, fin où début de la Route de la Soie!

Historiquement, elle aurait été « reconnue » pour la première fois par le général chinois ZhangQian au IIe siècle av. JC qui avait été chargé par l’Empereur de Chine de faire alliance à l’ouest du désert du Taklamakan avec les nomades contre les Huns. Alexandre le Grand s’était arrêté aux portes de l’Inde bien avant d’atteindre le Turkestan chinois. Les Parthes (Perses), les Sogdiens (Ouzbèks et Iraniens actuels) furent les principaux intermédiaires dans le commerce de la soie entre l’est et l’ouest, achetant le tissu aux marchands chinois qui l’acheminaient à Dunhuang pour la revendre aux Syriens et aux Grecs. Chaque transaction augmentait considérablement le prix du produit qui aboutissait dans l’Empire romain par le biais d’intermédiaires grecs et juifs. Les Romains quant à eux étaient convaincus que les Sères (« peuple de la soie », c’est-à-dire les Chinois) récoltaient la soie sur les arbres !

Vers la fin de sa gloire, la Route de la Soie contribua à l’édification du plus grand empire de tous les temps, l’Empire Mongol, qui fut fondé au début au XIIIe siècle par Gengis Khan et qui éclata au XIVe siècle avant d’être partiellement rétabli par Tamerlan sous le nom d’Empire Timouride.

Mosquée de KashgarMosquée de Kashgar

Au XVe siècle, l’essor du commerce maritime supplanta progressivement les voies terrestres. De plus, l’art de la sériciculture avait été maîtrisé par les Perses et, même si la soie ne fut pas produite en Europe avant le XIIe siècle, l’apogée de la Route de la Soie tirait à sa fin.
L’Asie centrale restera longtemps en dehors des préoccupations de l’Orient et de l’Occident jusqu’à l’arrivée des explorateurs russes et anglais au XIXe siècle.

Aujourd’hui, elle reste un voyage fabuleux dans le temps et l’espace que tout voyageur digne de ce nom rêve d’effectuer!

Yourtes de nomades sur la route de la Soie

Yourtes de nomades sur la route de la Soie

 

Planète Découverte, vous entraîne sur la Route de le Soie, en Turquie, en Iran, en Ouzbékistan, au Kirghizistan et en Chine.

Bon voyage ! Güle güle ! Oq yo’l ! المةّالس ! ! 路順風 !…

Pierre B

 

 

 

Le col Torugart voyage Chine-kirghizistan, 2 mondes différents.

Le col Torugart voyage Chine-kirghizistan, 2 mondes différents.
Le col Torugart voyage Chine-kirghizistan, 2 mondes différents.

L’aventure du passage de la frontière au col Torugart sur notre voyage Chine- Kirghizistan sur la « Route de la soie« .

Sur notre voyage Chine-Kirghizistan notre périple «sur la route de la Soie» commence par le Kirghizistan et continu vers  la Chine et le pays des Ouïghours,  province autonome chinoise du Xingjiang ou Turkménistan chinois. Pour cela, il faut franchir la frontière sino-kirghize via le mythique col de Torugart à 3 752 m d’altitude.

col Torugart voyage Chine-kirghizistan

visite du caravansérail de Tash Rabat sur le voyage chine-kirghizistan

Depuis le caravansérail de Tash Rabat, où nous avons passé la nuit dans des yourtes au cœur d’une nature montagneuse sauvage et magnifique du Kirghizistan, nous partons continuer notre voyage tôt le matin pour la Chine et les monts Célestes (Tian Shan).

Cette région d’Asie centrale et ce col ont vu passer, depuis la route de la soie, des peuples en tous genres et de tous horizons, tant des marchands chargés de produits divers et variés, des guerriers comme Gengis Khan ou Tamerlan, que des voyageurs comme Marco Polo ou Xuan Zang. Au XIXe siècle les Russes et les Anglais s’y disputèrent la région et ce col dans un conflit appelé par R. Kipling «le Grand Jeu», ensuite ce fût la frontière entre le monde soviétique et le monde communiste chinois puis maintenant une frontière entre des peuples d’Asie centrale.

 

col Torugart voyage Chine-kirghizistan

Paysages du Kirghizistan sur la route de la Soie, photo prise sur le voyage chine-kirghizistan

Ce matin,  la route, qui d’ailleurs ressemble souvent plus à une piste,
est grandiose. Il y a un très beau ciel bleu, pur, sans nuages (ce qui était presque inespéré après une nuit de neige) et l’on peut admirer ces paysages de plaines dénudées bordées de montagnes aux sommets enneigés du Kirghizistan.

Au bout de 2 h30 de route, et une centaine de kilomètres plus tard, on arrive au premier poste frontière kirghize, il y en a 2 côtés Kirghize et 3 côtés chinois ! Il faut savoir qu’il est pratiquement impossible et fortement déconseillé de franchir cette frontière vers la Chine sans l’aide d’une agence de voyages kirghize et de là il faut qu’un véhicule chinois vienne vous chercher, car les véhicules kirghizes avec des touristes ne peuvent pas franchir la frontière (il en est de même pour le bus de ligne) ! Son franchissement, de plus, n’est sûr qu’entre fin mai et septembre. Nous avons donc choisi la solution de louer à une agence kirghize un minibus, en fait un camion aménagé (il faut ça sur les routes de hautes altitude au Kirghizistan) pour des touristes datant de l’époque où les Soviétiques contrôlaient le pays, c’est un camion «Oural» avec un chauffeur d’origine russe, nommé Igor.  Après le passage du deuxième poste frontière kirghize, on parcourt, toujours avec notre camion, les 3 kms qui nous séparent encore du fameux col. Là on rencontre une barrière qui est le symbole physique de la frontière, le camion doit s’arrêter et on doit attendre le minibus chinois. Une certaine inquiétude me taraude, car le minibus chinois n’est pas là, il faut savoir qu’à cet endroit nous sommes dans un «no man’s land»,notre voyage au Kirghizistan prend fin et on ne peut pas y retourner, nos visas sont échus puisque le dernier poste frontière nous a tamponné notre passeport avec le cachet de sortie du pays ! Donc si le minibus chinois ne vient pas on ne peut ni passer la frontière ni revenir au Kirghizistan !!! Et, chose curieuse, il n’y a aucun réseau pour les téléphones portables !

Mais le minibus chinois finit par arriver, et le voyage continuer !

col Torugart voyage Chine-kirghizistan

Approche du col de Torugart sur le voyage chine-kirghizstan

Il faut savoir aussi qu’en franchissant cette frontière, c’est à la fois un passage terrestre, mais aussi temporel, car en franchissant cette barrière, il y a 2 heures de différence ! Car dans toute la Chine des côtes de la mer de Chine au fin fond du Xinjiang, et malgré trois fuseaux horaires, tout le monde est à l’heure de Pékin (Beijing time). Là encore, quand on réserve le minibus chinois qui vient nous chercher, il ne faut pas se tromper d’heure et bien préciser «Beijing time», soit 2 heures de plus qu’au Kirghizistan.

Vient alors le moment de dire au revoir à notre chauffeur Igor et son camion Oural, de changer de véhicule et d’univers.

On embarque donc dans un minibus chinois avec un chauffeur Ouïghour et un guide Han francophone venu nous aider à franchir les étapes «administro-douanière». Le minibus suffit d’ailleurs car notre circuit Chine-Kirghizistan est en petit groupe.

Arrêt à la première douane chinoise, on a droit à une fouille en règle de nos bagages, les douaniers regardent d’un œil plein de reproches la 4éme de couv, le recto de mon guide «Lonely Planet Chine» où sur la petite carte de la Chine qui y est dessinée, Taïwan n’est pas de la même couleur que le reste du pays ! Pour les Chinois, Taïwan, c’est la Chine. Après pas mal de palabres entre le douanier et notre guide «passeur de frontières» et le fait que je montre au douanier que le guide Lonely Planet est imprimé en Chine, la décision tombe, je peux garder mon Lonely Planet ! (J’en connais qui ont dû arracher la couverture!)

On continue notre voyage, la route devient meilleure, asphaltée et plus large, le paysage lui aussi change après les jolies montagnes verdoyantes kirghizes, on découvre un panorama de terrain gris et désolé, parsemé de pelleteuses pour le dompter.

Une dernière douane (la 5éme depuis ce matin), une grande avec contrôle des passeports, tampons d’entrée en Chine, questionnaire de santé et prise de la température corporelle (pas de malades en Chine!).

Nous avons passé toutes les épreuves avec succès !

col Torugart voyage Chine-kirghizistan

Ethnie ouigour dans la ville de Kashgar lors du marché sur notre voyage Chine-Kirghizistan

Nous sommes partis de Tash Rabat enneigé à 7h, passé 5 postes frontière, 2 cols à plus de 3000 mètres et nous avons parcouru 260 kms de piste et de route, etc. Et, après notre sortie du 3éme poste de douanes chinois, il est 16h (heure de Pékin!), il fait plus de 30° et il nous reste plus que 60 kms pour atteindre la mythique Kashgar. Cette ville Ouïghour est, depuis des siècles une étape importante de la route de la soie, aussi renommée pour son étonnant Grand Bazar du dimanche où marchands et paysans Ouïghours, Kirghizes, Ouzbeks, Tadjiks et Hans viennent vendre et acheter toutes sortes de choses (animaux, vêtements, ustensiles …), depuis bien avant que Marco Polo passe par là et encore de nos jours, pour le plus grand plaisir des voyageurs.

 

Pierre B