Avec Planète Découverte au pays des Samouraïs

Avec Planète Découverte au pays des Samouraïs

Avec Planète Découverte au pays des Samouraïs.

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Samouraïs

Le Japon d’hier et d’aujourd’hui fascine ! Il évoque à lui seul la performance, l’organisation tout autant que la stupeur et le tremblement ! Plusieurs curiosités s’imposent et le Samouraï fait assurément partie de l’image emblématique du Pays du Soleil levant ! Mais qui était-il vraiment ?

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La Pierre et le Sabre.

En Occident, le mot Samouraï est passé dans le langage courant. Il est devenu populaire grâce au cinéma dans des films comme « les 7 Samouraïs »,  « les 47 Rônins », « le dernier Samouraï » (…), mais aussi par des romans comme « La Pierre et le Sabre » de Eiji Yoshikawa,  « Shogun » de James Clavell, « Le Clan des Otori » de Lian Hearn (…) et, bien sûr, par la culture manga…

 

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Manga de Samouraï!

Étymologiquement, Samouraï (侍) vient du verbe « saburau » qui signifie « servir ». Le Samouraï est un guerrier qui combat pour l’Empereur, pour un Shôgun (chef de guerre qui détenait le pouvoir militaire au nom de l’Empereur) ou pour un Daymio (seigneurs). Il est avant tout au service d’un maître auquel il est uni par un code qui exige une totale loyauté. Depuis son enfance, il est éduqué et formé pour le servir et il doit être prêt à lui donner sa vie. En échange de ses services, le Samouraï recevait des terres ou un salaire fixe en boisseaux de riz, ainsi qu’un rang social et le droit de porter un nom. Lorsque celui-ci perdait son maître, sa vie n’avait plus de sens et il devenait un rônin ce qui signifie « vagabond » ou un ninja, mercenaire qui se vend au plus offrant.

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Samouraï devant son Shogun.

Leur vie est régie par le Bushido (« la voie du guerrier »), un code d’honneur comprenant 47 principes moraux influencés par le bouddhisme zen qu’il est tenu d’observer. Ce recueil fut élaboré au fil des siècles, mais réellement codifié qu’au XVIIe siècle par le samouraï Taïra Shigésuké. Leur éthique repose sur des valeurs fortes comme l’endurance, la fidélité sans faille, la sincérité, la maîtrise de soi, l’ascétisme, le détachement et le sacrifice. Son unique finalité demeure la mort, qu’il accepte avec sérénité et qu’il espère avec splendeur.

« Si seulement, nous pouvions tomber comme les fleurs de cerisier au printemps…si pures, si lumineuses ! ».

Ces valeurs extrêmes expliquent que, pour ces hommes, la guerre n’était pas perçue négativement, car elle était avant tout l’expression de l’éternel combat de l’Ordre contre le Chaos.

« …Un Samouraï n’aime ni ne hait aucune créature. Il est sans passion, sans doute, et n’éprouve ni regret dans la défaite ni joie dans la victoire. Il est un Univers de Paix et accompli avec Sérénité, les devoirs de son état… ».

Lorsque ceux-ci étaient déshonorés, ils devaient pratiquer le suicide rituel appelé Seppuku, plus connu en Occident sous le nom d’Hara-kiri, consistant à s’éventrer avec son tanto (un petit poignard), aidé généralement par un ami qui devait lui trancher la tête d’un rapide coup de sabre. Ce rituel devait révéler la pureté de leur âme qui résidait, selon la croyance de l’époque, dans leur ventre.

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Armes de Samouraï.

Les Samouraïs appartenaient au plus haut rang de la caste militaire des Bushis (guerriers) qui a dirigé le Japon féodal durant près de 700 ans. Il combattait à cheval revêtu d’un casque (kabuto) qui pouvait être décoré afin d’impressionner l’adversaire avec des représentations des Kamis (divinités) ou le blason du clan et d’une armure souple faite généralement d’étroites bandes d’acier liées entre elles par des cordes ou des pinces. Son arme favorite est l’arc (yumi) et il avait le droit et le privilège de porter les sabres appelés Katana « l’âme du samouraï » et le wakizashi « la lame d’honneur », un petit sabre qu’il obtenait à l’âge de 15 ans lors d’une cérémonie appelée genpuku où il prenait son nom d’adulte et devenait Samouraï. Devenir Samouraï était chose très difficile, et pour la petite histoire, le premier étranger à avoir obtenu ce privilège était un esclave africain du Mozambique.

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Yasuke, premier Samouraï étranger.

En plus d’être des combattants, ils occupent en temps de paix des fonctions administratives, ils sont chargés de faire respecter la loi pour le suzerain. Ce sont aussi des hommes cultivés qui excellent dans les arts comme la calligraphie (Shodo), l’art floral (Ikebana), la cérémonie du thé (chado) ou la poésie.

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Historiquement les Samouraïs apparaissent dans le Japon du XIIe siècle. Ils sont d’abord une milice créée pour protéger le nord de Honshu, alors menacée par les Aïnous (peuple aborigène de l’île d’Hokkaido). Les Samouraïs ont rapidement, grâce à leur discipline et à leur force de frappe, imposé la loi du sabre partout à travers le pays.

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Samouraï au combat!

 

Les empereurs ont fait appel à leur science du combat ainsi qu’à l’efficacité de leur entraînement pour défendre leur royaume. Avec l’arrivée de l’ère moderne en 1868 (restauration Meiji), l’empereur et son gouvernement (qui comportait pourtant de nombreux samouraïs) pensent qu’une armée avec des fusils et des canons serait plus adaptée. La caste des Samouraïs devient alors obsolète et le port du sabre sera désormais réservé aux officiers. La propagande nippone pendant la 2de guerre mondiale a par ailleurs ravivé les valeurs associées au Samouraï.

 

 

 

 

 

Encore aujourd’hui, à l’image du chevalier médiéval occidental, le Samouraï demeure le modèle l’idéal de la société traditionnelle japonaise et en constitue, de par son éthique, la figure héroïque. Certains considèrent même que ce modèle ainsi que la fidélité et le respect qu’ils ont pour la hiérarchie est à l’origine du dynamisme du Japon durant les deux derniers siècles, et plus particulièrement celui de son économie dans la seconde moitié du XXe siècle.

Le « Traité des Cinq Roues » établi par le plus fameux des Samouraïs Miyamoto Musashi (1584-1645) est encore scrupuleusement appliqué par de nombreux chefs d’entreprise.

Samouraï à cheval.

Dans le monde contemporain de l’économie, les salariés se réfèrent à l’esprit Samouraï de servitude et de fidélité au chef et à leur entreprise. Ainsi 92% des salariés nippons déclarent ne pas prendre toutes leurs vacances et renoncent au moins à la moitié de leurs jours pour en faire « don » à leur société. Le Karoshi (littéralement « la mort de fatigue au travail ») est un véritable fléau au Japon, il est reconnu comme une maladie professionnelle depuis les années 1970. Les salariés se tuent de toute évidence à la tâche et l’esprit d’appartenance à une entreprise est encore très fort.

Le Japon est avant tout un pays fidèle à ses traditions qu’il intègre dans son ultra modernité. C’est ce qui rend le Pays du Soleil Levant fascinant.

 

Pierre B.

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